A travers ce court billet, Lille 3 souhaite rendre hommage à l’une des figures marquantes de son université, Jean Bollack (ancien professeur à l’université Lille 3), décédé ce 4 décembre 2012, dans sa quatre-vingt dixième année. A n’en pas douter, de nombreux hommages lui seront rendus dans d’autres lieux… Nous vous laissons ici découvrir en quelques lignes le portrait de Jean Bollack et l’hommage rendu par Fabienne Blaise, présidente de Lille 3.

Portrait du philologue Jean Bollack

Jean Bollack est né à Strasbourg en 1923 et fait ses études à Bâle, en Suisse. A l’université de Bâle, il suit les cours de l’érudit et homérisant Von der Mühll. Après la seconde guerre mondiale, il poursuit des études à la Sorbonne, sous la direction du linguiste Pierre Chantraine. Ses premiers travaux de recherche consistent à reconstituer le poème philosophique écrit par Empédocle, et dont il ne reste que des fragments : Les Origines. Cette traduction impressionna le monde littéraire : René Char, Henri Michaux et Saint-John Perses en particulier.
Après Empédocle, viendront les études sur Epicure et Héraclite, puis sur les Tragiques grecs et les traductions de ces derniers. Si Eschyle a longtemps été au centre de son travail, Jean Bollack s’intéresse à Sophocle, puis à Euripide qui s’est “logiquement ajouté à la fin” . Il participera également à la mise en scène d’oeuvres théâtrales antiques (avec Camila Saraceni pour l’Hélène d’Euripide, avec Marcel Bozonnet pour l’Antigone de Sophocle notamment). Jean Bollack a encore publié des études sur la poésie de Paul Celan et de ses contemporains.

Témoignage de Fabienne Blaise, Présidente de l’université Lille 3, qui a été élève de Jean Bollack

Jean Bollack était une grande figure de la philologie ancienne, le fondateur de ce que nos collègues étrangers appellent l’Ecole de Lille.
L’étendue de ses nombreux travaux, qui pour beaucoup ont compté, allaient de la philosophie présocratique à la poésie de Celan, en passant par la tragédie grecque, entre autres.
Ses traductions pour le théâtre ont largement contribué à redonner vie aux tragiques grecs, dont on découvrait, de nouveau, les mots dans toute leur force, leur intelligence et leur éternelle actualité.
Il a enseigné longtemps dans cette université, où il a donné à ses étudiants le goût de la rigueur scientifique dans un domaine (la philosophie et la littérature) où elle n’allait pas toujours de soi. Le centre de recherche qu’il a créé à Lille 3, dans les années 70, était le premier laboratoire CNRS de notre université ; c’était aussi la première fois que l’on osait prétendre fonder dans notre région, déshéritée alors en matière de culture et de recherche (dans nos disciplines), un centre de recherche qui puisse rivaliser avec ce qui se faisait alors surtout à Paris et, bien sûr, dans les universités européennes et américaines.
Personnellement, j’ai perdu un maître ; nous avons tous perdu un grand professeur, et un grand savant.
Au nom de l’université, j’adresse à Mayotte Bollack, son épouse, et à sa famille mes plus sincères condoléances.
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