Charlotte, tu es une ancienne étudiante de Lille 3, peux-tu nous présenter ton parcours universitaire ?

Après avoir obtenu mon BAC Scientifique, je souhaitais intégrer l’école d’orthophonie de Mons en Belgique (ndlr : ouverture en septembre 2013 à Lille3 du diplôme d’Université PrEEO PRéparation à l’Examen d’Entrée en Orthophonie.) Pour optimiser mes chances d’être retenue par cet établissement, je me suis dirigée en Licence 1 de Psychologie à l’Université Lille 3. Durant ces trois années de licence, l’intérêt que je portais à la psychologie s’est fortement renforcé. Je m’éloignais peu à peu de mon objectif initial qu’était l’orthophonie.
En Licence 3, j’ai découvert la psychologie sociale et la psychologie de la santé. Ces domaines me plaisaient beaucoup. J’ai pris la décision de me « réorienter » totalement vers la psychologie et de ne pas intégrer l’école d’orthophonie. Licence en poche, je me suis dirigée vers un Master 1 de psychologie clinique et sociale de la santé, parcours psychologie clinique et sociale de la santé de Lille 3.

Peux-tu nous en dire un peu plus sur les types d’enseignements organisés au sein de ce Master 1 ?

Dans le cadre du Master 1, les enseignements proposés forment les étudiants à soutenir et à traiter psychologiquement les patients et leur entourage. Ils permettent également aux futurs psychologues d’acquérir des compétences en matière de mise en place de programmes de prévention ou de promotion de la santé.
Pour ce faire, les cours étaient très variés. J’ai acquis de nombreuses connaissances sur les différents types de psychologie, comme la psychologie des émotions, de la santé ou encore la psychologie sociale. J’ai étudié certaines pathologies comme Alzheimer, la dépression, les troubles du comportement alimentaire, ainsi que les rapports humains. Ces enseignements m’ont beaucoup plu. J’étais fortement attirée par le domaine médical. Ce fut donc l’occasion pour moi de préciser mes aspirations professionnelles.

As-tu réalisé des stages ?

Je pense qu’il faut réaliser le plus de stages d’observation possible

Durant cette première année de Master, j’ai effectué deux stages de deux mois à raison de 2 à 3 jours par semaine. En ce qui concerne ma première expérience, j’ai effectué un stage au sein de l’Établissement Public de Santé Mentale de Lommelet (Saint-André) qui est un centre pour toxicomanes en période de sevrage. J’y observais beaucoup mon tuteur qui était psychologue.  Je l’accompagnais au cours des entretiens individuels avec les patients ainsi qu’aux réunions de service. Ce stage m’a permis de découvrir réellement le déroulement d’un entretien, mais aussi l’environnement et le fonctionnement d’un établissement public de santé mentale. De même, cette expérience m’a sensibilisée à toutes les problématiques de psychologie de la santé qui y sont traitées. Malgré tout, ce stage m’a permis de comprendre que je ne me destinais pas vraiment au milieu de la toxicomanie. L’environnement de travail ne me plaisait pas vraiment et me paraissait difficile à assumer psychologiquement.

Ensuite, j’ai découvert le domaine de la psychologie sociale en intégrant un foyer (Les Papillons blancs) pour des personnes en situation de handicap physique et mental. Je devais accueillir et accompagner les membres du foyer. Je travaillais à la fois avec le psychologue, les aides médicopsychologiques et les animateurs. Avec le psy, j’ai dû  élaborer un outil de suivi destiné à mieux connaitre les personnes afin de répondre à leurs besoins d’une manière plus adaptée. J’apportais également mon aide aux éducateurs et aides médicaux-psychologiques en organisant des sorties et des activités ludiques ainsi qu’en les accompagnant dans leur mission d’animation.  Cette expérience m’a beaucoup plu, car la dimension relationnelle y était très présente. Les journées de travail étaient remplies de joie, de bonne humeur et de partage et m’ont appris à voir les personnes handicapées d’une autre façon.

Une fois ton Master 1 validé, vers quoi t’es-tu dirigée ?

Après mon Master 1, mes aspirations professionnelles étaient plus claires. Je savais ce que je voulais faire, mais aussi ce que je ne voulais pas faire. Après mon premier stage en centre pour les toxicomanes, je ne me sentais pas capable de travailler en face à face avec des personnes en difficulté. Je voulais m’orienter vers la prévention pour prévenir les problèmes et limiter les risques d’apparition des maladies psychologiques. Je préfère « prévenir que guérir. »
J’ai intégré l’université de Chambéry car elle proposait un Master 2 en psychologie et prévention.

Tu es partie à Chambéry où tu as intégré un Master 2 Psychologie de la prévention. Que t’a apporté cette formation ?
Était-elle complémentaire à celle de Lille 3 ?

En Master 1, j’ai appris à maîtriser parfaitement toutes les théories liées à la psychologie. Les cours y étaient donnés par des universitaires et des enseignants chercheurs. Le Master 2, quant à lui, était très professionnalisant, car les cours étaient réalisés par des intervenants extérieurs et des professionnels de la prévention en activité. Par conséquent, j’ai trouvé que le Master 2 s’inscrivait totalement dans la continuité des enseignements acquis en Master 1.  Ces deux années de Master étaient très complémentaires. L’une m’a permis d’acquérir les connaissances de fond liées à la psychologie tandis que l’autre m’a donné la possibilité de me professionnaliser davantage.

Au cours de cette année, j’ai effectué un stage de préprofessionnalisation de 6 mois au sein du  Pôle de prévention des addictions du Département du Nord. J’avais pour mission la mise en place d’un outil de prévention sur la consommation des boissons énergisantes. Pour ce faire, j’ai créé un flyer en partenariat avec l’institut régional du bien-être, de la médecine et du sport en Nord-Pas de Calais. Je devais également accompagner l’équipe de prévention lors de leurs interventions sur le terrain. Par exemple, nous avons rencontré les infirmières d’un collège afin de les sensibiliser aux jeux dangereux. Je me suis également rendue à l’AFPA afin de présenter les différents types d’addictions (drogues, alcool). En définitive, je peux dire que ce stage était vraiment adéquation avec les enseignements acquis au cours de mon cursus universitaire. J’étais motivée parce que j’avais une mission fixe. Ce stage a réellement renforcé mon objectif professionnel.

Vers quel(s) métier(s) ton parcours universitaire te mène-t-il ? Peux-tu nous dire quelques mots sur ta future profession ?
Comment as-tu découvert ce métier ?

Mon parcours universitaire me donne accès à plusieurs métiers visant à mettre en place une stratégie de prévention (primaire, secondaire ou tertiaire). Par exemple, je peux devenir psychologue de la prévention, chargée de projets en prévention, ingénieure en prévention, etc. Je peux exercer ces métiers au sein d’établissements publics de santé, des collectivités territoriales, des hôpitaux…
J’ai découvert ces métiers dans le cadre de mes différents stages et de mes rencontres avec les professionnels, notamment en Master 2.

Tu es diplômée depuis quelques mois, peux-tu nous parler de ton parcours professionnel depuis l’obtention de ton master ?

Depuis 4 ans, je travaillais tous les étés au sein d’un foyer accueillant des personnes en situation de handicap. Après l’obtention de mon master, le directeur du foyer m’a proposé un contrat de longue durée. Cette première expérience renforce la volonté de travailler dans le domaine de la psychologie. Elle consolide également mon désir d’aider les gens que ce soit sur le terrain ou par le biais de la prévention.
De plus, j’ai pour projet de passer le concours de psychologue territorial (qui a lieu en 2015) afin d’intégrer la fonction publique territoriale. Dans l’idéal, j’aimerais travailler au sein d’un service de prévention au niveau départemental ou régional.

Que penses-tu de l’insertion professionnelle pour les jeunes diplômés issus de ton cursus ?

Une formation complète et très enrichissante.

Je trouve que la formation en matière de psychologie proposée par l’université Lille 3 est une formation complète et très enrichissante. En effet, elle permet aux étudiants de se professionnaliser grâce aux stages tout en se perfectionnant en matière de psychologie qu’elle soit sociale, du travail, neuropsychologique, ou clinique. Les enseignements théoriques ainsi que la dimension professionnelle y sont très complémentaires.

Cependant, je pense qu’il faut être averti des conséquences de la conjoncture économique actuelle. Certes il y a beaucoup de besoins relatifs au métier de psychologue, toutefois les finances et les  budgets des différentes entreprises ou institutions ne permettent pas de créer  beaucoup de postes. Après l’obtention du diplôme, les jeunes diplômés sont souvent confrontés à une période de recherche intensive.  En matière de prévention, je reste très optimiste, car les politiques de santé actuelles sont véritablement axées sur le développement croissant de processus et de stratégies en matière de prévention.

Quels conseils donnerais-tu aux futurs étudiants en psychologie ?

Je pense qu’il faut réaliser le plus de stages d’observation possible. Les stages motivent et permettent aussi de se réorienter rapidement en cas de mauvais choix. Pour ce faire, l’université Lille 3 propose une UE6 – libre stage qui donne aux étudiants en L1, L2 ou L3 la possibilité d’effectuer des stages de courte durée au sein d’une entreprise. Je pense qu’il ne faut pas hésiter à contacter les professeurs en cas de questions. Pour ceux qui sont en Licence 3 et qui souhaitent intégrer un Master, il faut rechercher un stage le plus tôt possible et ne pas attendre la dernière minute. Quitte à se retrouver avec plusieurs propositions de stage, il est toujours intéressant d’avoir le choix.

Dès la première année, je conseille fortement de ne pas négliger les statistiques et l’anglais, car ces matières font partie intégrante du cursus universitaire et nous suivent jusqu’à la fin des études et même au-delà. Pour ma part, j’ai dû réutiliser mes connaissances en anglais et en matière de statistiques dans le cadre de mon activité professionnelle.

Jennifer LEITAO
Etudiante Master HUFA