Jean-Sébastien Eideliman est maître de conférences en sociologie depuis 2009 au Centre de Recherche Individus, Épreuves, Sociétés (CeRIES).

Il travaille sur les questions de handicap depuis sa thèse « Spécialistes par obligation » − Des parents face au handicap mental : théories diagnostiques et arrangements pratiques, centrée sur l’organisation familiale autour d’enfants handicapés mentaux. Il s’intéresse également dans le cadre d’une recherche collective au CeRIES à la reconnaissance des travailleurs handicapés. Il est membre du comité éditorial d’ALTER, Revue européenne de recherche sur le handicap, et du comité de pilotage de la Chaire « Handicap psychique et décision pour autrui » (ENS/EHESP).

« La notion principale que j’ai développée au cours de ma thèse, et dont je continue de me servir aujourd’hui, est la notion de théories diagnostiques. L’idée est de prendre en compte la façon dont les individus et leur entourage pensent les problèmes liés au handicap. J’essaie de montrer que leurs trajectoires sociales et les enjeux dans lesquels ils sont pris (trouver un travail, la bonne école, la bonne organisation familiale…) influent sur la manière de penser les problèmes. »

« L’un des domaines les plus investis par les sciences humaines et sociales en matière de handicap concerne les conséquences de limitations au quotidien. En sociologie, l’examen de ces conséquences se fait aussi en lien avec les prises en charge et les politiques sociales. C’est un vaste de champ de recherches, en plein essor depuis une vingtaine d’années, et notamment depuis la grande enquête statistique menée par l’INSEE à la fin des années 90, « Handicaps, incapacités, dépendance»

« L’enjeu est ici de pouvoir comprendre le monde du handicap aussi vite qu’il évolue »

La sociologie cherche à comprendre le monde social, avec l’idée que mieux on le comprend, mieux on peut le modifier. Les sociologues s’efforcent de faire en sorte que les décideurs, politiques ou non, comprennent mieux les situations pour décider en connaissance de cause des mesures à mettre en place. La sociologie ne cherche pas, en général, à apporter des solutions, ni à dire comment les choses doivent être, mais comment elles sont. L’enjeu est ici de pouvoir comprendre le monde du handicap aussi vite qu’il évolue.

« Pour les décennies à venir, je dirais que le handicap psychique devrait prendre une place croissante dans les travaux de recherche. Ce type de handicap n’a été reconnu officiellement que très récemment et nous n’en avons encore qu’une connaissance très parcellaire. »