[pullquote align= »left »]« L’information scientifique est un bien commun, qui doit être disponible pour tous », Geneviève Fioraso[/pullquote]

L’université Lille 3, en créant son portail de publications scientifiques, rejoint la liste des 80 portails institutionnels déjà créés par HAL (hyper article en ligne). A l’heure où le gouvernement réaffirme « son soutien au principe du libre accès à l’information scientifique (…) au regard de l’importance des enjeux, sur les plans scientifique, économique et sociétal » (discours de Geneviève Fioraso le 24 janvier dernier, lors des 5e journées Open Access), un tel choix constitue un véritable enjeu – loin d’être anodin – pour l’université.

En effet, l’accès gratuit et immédiat, via Internet, à la production de la recherche, toutes disciplines confondues, ainsi que la conservation à long terme par un archivage pérenne de ce patrimoine sont devenus impératifs pour toutes les parties impliquées dans les activités de recherche et d’innovation.

Pourquoi HAL ?

[pullquote align= »right »]« L’archive ouverte pluridisciplinaire HAL, est destinée au dépôt et à la diffusion d’articles scientifiques de niveau recherche, publiés ou non, et de thèses, émanant des établissements d’enseignement et de recherche français ou étrangers, des laboratoires publics ou privés »[/pullquote]

Le Centre pour la Communication Scientifique Directe (CCSD), créé en 2000 au sein du CNRS, a lancé en 2001 l’archive ouverte HAL, une archive multidisciplinaire à vocation nationale et internationale. Depuis, HAL recense plus de 222446 documents avec texte intégral.

Plate-forme de dépôt direct, reconnue aujourd’hui comme une référence nationale en matière d’auto-archivage[1], HAL permet d’accéder librement aux résultats de la recherche française.

En incitant les chercheurs bénéficiaires de fonds de recherche à déposer une copie des articles publiés dans l’archive ouverte, l’ANR ne fait que conforter la position de HAL comme moyen de valoriser l’ensemble de la recherche française : « La diffusion des publications scientifiques liées aux projets financés par l’ANR dans les archives ouvertes, en particulier HAL contribue à renforcer la visibilité et l’attractivité de la recherche française »[2].

Le portail institutionnel HAL-Lille3 devrait ainsi permettre :

  • d’accroître la visibilité nationale et internationale des publications et des travaux de recherche de l’université Lille 3,
  • de valoriser la production de l’université Lille 3 et de ses laboratoires,
  • d’assurer la pérennité des données déposées,
  • d’offrir aux chercheurs des services, tels que la constitution de listes de publications.

Le respect de la politique des éditeurs en matière d’auto-archivage

Les archives ouvertes encadrent en quelque sorte les pratiques d’auto-archivage. Même si aucune archive ouverte ne vérifie si les dépôts sont en adéquation avec les politiques des éditeurs en matière d’auto-archivage, HAL essaie toutefois de sensibiliser le déposant. La page d’accueil d’HAL précise ainsi à l’attention du déposant : « Le dépôt doit être effectué en accord avec les co-auteurs et dans le respect de la politique des éditeurs ».

« En juillet 2012, la Commission européenne a émis une recommandation relative à la publication en accès ouvert des résultats de la recherche scientifique financée sur fonds publics. La Commission considère en effet qu’une telle démarche est nécessaire pour renforcer la visibilité de la recherche européenne à l’horizon 2020, en levant progressivement les obstacles qui se dressent entre le lecteur et l’article scientifique, après un éventuel embargo de six à douze mois. (…) L’accès ouvert change le rapport de forces dans un monde dominé par des groupes détenant des portefeuilles de milliers de revues majoritairement de langue anglaise : il ouvre la porte à ce qu’on peut appeler une véritable bibliodiversité en favorisant l’émergence d’une pluralité de points de vue, de modalités d’édition, de paradigmes scientifiques, de langues[3]. »

Reste que la question fait débat

Un nouvel élan au développement des archives ouvertes en France

La signature de la convention de partenariat en faveur des archives ouvertes et de la plateforme mutualisée HAL le 2 avril 2013 s’inscrit dans le cadre de la politique nationale en faveur de l’Open Access, du partage des résultats de la recherche, de leur diffusion et de leur conservation.

« Cette signature donne à toute la communauté, scientifiques, personnels de l’information scientifique et technique (I.S.T.) et au-delà, un signal fort. Un signal qui est aussi l’expression de la détermination de la France à soutenir l’élargissement du processus de mise à disposition rapide des résultats de la recherche, et notamment au travers du « Green Open Access » ou « Voie verte », et s’inscrit dans le mouvement international du libre accès à tous de l’information », a conclu Roger Genet, directeur général pour la recherche et l’innovation, lors de la signature de la convention.

[divider top= »0″]Le jeudi 24 janvier s’est tenue une demi-journée de présentation des archives ouvertes à Lille 3. Il s’agissait de présenter à la fois l’outil HAL du CCSD retenu par l’université et le plan d’accompagnement mis en place par le SCD pour soutenir les laboratoires dans la démarche de dépôt. Vous pouvez retrouver l’intégralité des interventions de cette demi-journée sur la web-tv Lille 3 à l’adresse suivante : http://live3.univ-lille3.fr/collections/formation-archives-ouvertes-et-hal.

Dans la continuité de cette première demi-journée, le SCD et la direction de la recherche invitent le groupe Open Edition le 7 mai (12h15/16h45) pour présenter le modèle de publication en Open Access via les quatre portails Open Edition (revues.org, calenda, hypothèses et Open Edition Books), ainsi que leur façon d’envisager la diffusion de la recherche. Cette présentation sera suivie d’un temps de débat avec la salle pour évoquer le positionnement à Lille 3 des différents acteurs dans cette voie de la diffusion ouverte. Une démonstration des plateformes sera ensuite proposée pour ceux qui le souhaitent. Pour vous inscrire, cliquez ici.

[divider top= »0″][1]Blog « Libre accès, j’écris ton nom : pourquoi auto-archiver ? », par H. Bosc : http://openaccess.infodocs.eu/tiki-view_blog_post.php?postId=21

[2] L’Agence nationale de la recherche : Une structure de financement sur projets au service de la recherche. [23/09/2012], Accessible en ligne sur : http://www.agence-nationalerecherche.fr/magazine/actualites/detail/?tx_ttnews%5Btt_news%5D=159

[3] http://iloveopenaccess.org/open-access-manifesto/