Spécialisé en déficience intellectuelle, Yannick Courbois consacre une partie de ses travaux à la question de la mobilité des personnes déficientes intellectuelles.

Il les étudie dans le cadre de programmes de recherche internationaux, en collaboration avec des chercheurs du laboratoire PSITEC.Il est responsable de l’axe « Handicap » au laboratoire PSITEC et du parcours « Handicaps, troubles du développement et des apprentissages » du Master 2 « Psychologie Clinique des Interventions Cognitivo-Comportementales, Éducatives et Sociales » (PCICCES). Au moment où l’orientation politique tend à favoriser la participation sociale des personnes handicapées dans les milieux ordinaires de vie (travail, loisirs, etc.), les questions de mobilités des personnes et d’accessibilité des lieux sont effectivement essentielles.

Les chercheurs de l’équipe « Handicap » du  laboratoire PSITEC adoptent une approche développementale. Ils étudient les formes prises par les trajectoires de développement pour les différents types de handicap, ce qui permet d’avoir une lecture relativement précise de l’évolution des forces et des limites de la personne. Cette approche est particulièrement utile aux professionnels car elle leur procure des outils d’analyse appropriés à l’élaboration de soutiens adaptés, qu’ils soient humains ou technologiques.

Cette approche est aussi très intéressante pour la formation professionnelle des étudiants en psychologie qui apprennent à intégrer la dimension développementale dans l’analyse des situations de handicap. Chaque année, 15 étudiants environ sortent diplômés de Lille 3 avec une spécialité en Psychologie du handicap. Ils travaillent pour la plupart dans des établissements ou services médico-sociaux.

Comment je vois la recherche sur le handicap dans 10 ans ? Je ne crois pas qu’il y aura de grande révolution dans les années à venir, mais plutôt des renversements conceptuels. Bien entendu, la technologie est un secteur qui évolue très rapidement, mais on voit mal l’intérêt d’un environnement ultra-technologique si la personne handicapée est par ailleurs coupée de la société. Dans le champ de la déficience intellectuelle, et suite à la loi de 2005 sur le handicap, je dirais que le grand défi à relever est de permettre aux personnes d’être actrices de leur vie et de leur projet, et donc de leur donner les moyens de prendre la parole. Oui, à mon sens, l’enjeu de la recherche le plus important des prochaines décennies est là. La réponse à apporter au handicap n’est pas uniquement technologique ou médicale, elle est aussi et surtout sociale.

Mise à jour, avril 2016 :

Une vidéo où intervient Yannick Courbois :