Entretien avec Philippe Vervaecke – premier vice-président de Lille 3 – mené par l’ESBVA-LM

Pôle de formation et de recherche en Sciences Humaines et Sociales, Arts, Lettres et Langues, l’Université Lille 3, avec près de vingt-mille étudiants (dont une majorité d’étudiantes) est implantée au cœur du « Pont de Bois ». De son campus, on rejoint aisément à pieds, en quelques minutes, cet autre équipement majeur du quartier qu’est le Palacium. Il était donc  géographiquement logique que des rapprochements s’imaginent. En amorçant une huitième année de partenariat avec l’ESBVA-LM, Lille 3 fait aujourd’hui partie des partenaires les plus fidèles du club. Son premier vice-président, Philippe Vervaecke, a bien voulu, au milieu de ses multiples tâches de rentrée, prendre le temps de répondre à nos questions.

ESBVA-LM : Un partenariat qui s’inscrit dans la durée, entre un club de haut niveau et une université de Sciences Humaines, est-ce que ça allait de soi ?

Pas forcément, et, justement, il faut pointer cette longévité comme un signe important. Depuis huit ans, il y a, des deux côtés, une volonté de faire vivre ce partenariat. Nous avons fait beaucoup de choses ensemble. Malgré la baisse des dotations aux universités enregistrée l’année dernière,  nous n’avons pas voulu y renoncer et restons ouverts à de nouvelles initiatives qui pourraient apporter des « plus » pour tout le monde.

Nous avons, à Lille 3, une politique sportive. Pour parler du niveau « compétition » (qui n’est pas le seul), nous sommes en train de travailler sur les aménagements de nos cursus pour les étudiants sportifs de haut niveau. Nous venons de recruter, dans notre SUAPS (Service universitaire des Activités Physiques et Sportives) une enseignante qui est une ancienne joueuse de l’ESBVA-LM [Rachel Coumba], qui pourrait être un « point de jonction » entre les deux entités.

A propos de longévité, je souligne que, en 2014, Lille 3 fêtera les quarante ans de son installation au Pont-de-Bois. Bien entendu, l’ESBVA-LM sera invitée….

ESBVA-LM : Pour rentrer un peu plus dans le contenu du partenariat, qu’est-ce qui vous vient en premier ?

D’abord, le lien fort avec le personnel et les étudiants les soirs de match, grâce aux places gratuites dont nous disposons. Le retour qu’on en a montre à quel point c’est apprécié. Et puis, en tant qu’université, nous avons trouvé très intéressant d’avoir co-organisé, le 8 mars dernier, une table ronde sur le thème, qui nous est commun, de l’égalité des hommes et des femmes. Sur ce sujet comme sur d’autres, il y a, à Lille 3  des enseignants chercheurs qu’il est fructueux de mettre en dialogue avec les milieux sportifs, et l’ESBVA-LM en particulier. Nous sommes partants pour poursuivre dans cette voie, y compris pour la formation des étudiants. Je suis bien convaincu que, dans un parcours de formation, tout ne vient pas des apports académiques. Dans notre parcours de licence, nous allons créer, à partir de l’année prochaine, une Unité d’Enseignement dans laquelle il sera possible de valoriser l’engagement citoyen, y compris dans le milieu associatif, et de s’appuyer là-dessus pour développer une démarche de formation. De manière plus ponctuelle, nous envisageons dès cette année une action avec votre meneuse [Elin Eldebrinck] auprès des étudiants en suédois.

ESBVA-LM : Ça nous fait une transition vers ce que pourraient être les « pas en avant » dès cette année, d’autres idées ?

Une action qui, en fait, renoue avec des choses qu’on avait faites dans le passé : à l’occasion du retour de l’ESBVA-LM en coupe d’Europe on va essayer de remettre en place, un des mercredis de novembre, un match universitaire de lever de rideau. Et puis nous allons veiller, cette année, à être présents au « tournoi des partenaires » que le club organise. Nous pourrions également apporter une contribution de qualité à l’animation des matchs avec notre Centre de Formation des Musiciens Intervenants qui peut proposer des choses de niveau professionnel. Nous allons essayer de mieux associer l’ESBVA-LM aux évènements internes de la fac, à commencer par la cérémonie des vœux, mais également les nombreuses manifestations culturelles que nous organisons, ou encore la « fête du sport » qui se tient chez nous au printemps. Nos partenariats doivent, d’abord, pour nous, être l’occasion de mieux  nous faire connaitre, et pour cela nous voulons faire venir nos partenaires dans l’université. Celle-ci doit être ouverte sur la ville.

[pullquote align= »left »]Les universités assument une responsabilité sociale, non seulement dans l’enseignement et dans la production de connaissances, mais aussi dans la vie quotidienne du territoire dans lequel elles sont implantées, P. Vervaecke[/pullquote]

ESBVA-LM : Parlez-nous un peu de cette volonté d’ouverture qui semble très présente dans votre discours ?

Nous sommes convaincus qu’il faut que les universités assument une responsabilité sociale, non seulement dans l’enseignement et dans la production de connaissances, mais aussi dans la vie quotidienne du territoire dans lequel elles sont implantées. Ces partenariats sont, pour nous (mais j’imagine qu’il en est de même pour l’ESBVA-LM),  l’occasion de faire valoir nos compétences, notre identité auprès des multiples acteurs, associatifs, institutionnels, économiques, de notre environnement. Au fond, une université a vocation de s’inscrire dans le maillage de la vie sociale à partir de ses fondamentaux. Nous devons nous poser la question : « qu’est-ce que j’ai et qu’est-ce que je peux offrir aux autres acteurs ? ». Et nous n’oublions pas qu’une des spécificités fortes de Villeneuve d’Ascq c’est d’être une ville sportive, tant au plan associatif qu’à celui du haut niveau.

ESBVA-LM : D’autres idées, peut-être encore en gestation, pour l’avenir ?

Oui, et elles ne sont pas si difficiles que ça à mettre en place, même s’il y a un peu à travailler, ensemble, sur le « comment ». Elles tournent autour de l’idée de compléments de formation pour les joueuses (que ce soit dans la perspective de fin de carrière ou même en cours de carrière) :

La première, on y avait déjà travaillé un peu l’an dernier : nous pouvons à présent –nous avons de vraies compétences dans ce domaine et nous venons d’être labellisée pour ça– proposer des bilans de compétence et des validations d’acquis qui peuvent être précieux pour des reprises d’études.

Nous avons aussi un département d’enseignement du Français pour les étudiants de l’international, labélisé lui aussi, qui propose des enseignements du Français pour les débutants, auxquelqs on pourrait donner accès, dans des conditions privilégiées, aux joueuses étrangères de l’ESBVA-LM.

On le voit, nous avons tellement de choses à faire ensemble, mais en attendant, rendez-vous aux matchs pour commencer par partager des passions ensemble…