Charles Mériaux, maître de conférences en histoire médiévale et chercheur à l’Institut de Recherches Historiques du Septentrion (IRHiS), a été nommé membre junior de l’Institut Universitaire de France en 2011. Spécialiste de l’histoire religieuse du haut Moyen Âge, ses recherches portent sur l’hagiographie et le culte des saints ainsi que sur la place du clergé rural dans la société carolingienne (IXe-Xe siècles).


À la croisée de la géographie ecclésiastique et de l’histoire des pratiques religieuses

Agrégé d’histoire, Charles Mériaux a soutenu en 2001 une thèse de doctorat portant sur la formation des institutions ecclésiastiques dans quatre diocèses du nord de la Gaule (Arras, Cambrai, Tournai et Térouanne), du VIe siècle au début du XIe siècle. L’année précédente, il avait obtenu une bourse d’aide à la recherche de la Mission historique française en Allemagne de Göttingen, pour une durée de deux ans. En 2002, il obtenait un poste de maître de conférences à l’Université de Reims.

En 2006, les éditions Steiner Verlag de Stuttgart publient sa thèse sous le titre : Gallia irradiata. Saints et sanctuaires dans le nord de la Gaule du haut Moyen Âge. On y découvre, outre de riches annexes résumant l’essentiel de son travail de collecte, ses recherches sur l’implantation du christianisme à l’époque mérovingienne, la construction du paysage religieux et le culte des saints. Depuis, Charles Mériaux enseigne à l’Université Lille 3 et poursuit à l’IRHiS ses recherches sur la manière dont l’Église a structuré et encadré la société du haut Moyen Âge.


Relat
ions spirituelles, relations sociales

Source considérable pour l’étude de l’histoire religieuse du haut Moyen Âge, l’archéologie occupe une place à part entière dans ses travaux de recherche. Les données collectées – vestiges matériels se rapportant aux pratiques funéraires et cultuelles – complètent son corpus de textes et révèlent avec celui-ci les rapports qu’entretenaient les vivants avec la mort. De l’organisation du cimetière à l’encouragement à la prière, de l’adhésion au christianisme à l’organisation des réseaux de paroisses, nombre d’aspects liés à l’empreinte des relations spirituelles sur les relations sociales sont ainsi mis au jour avec le croisement des sources écrites et archéologiques.

Charles Mériaux mène actuellement deux projets en collaboration avec des archéologues. L’un, piloté par la Direction Régionale des Affaires Culturelles (DRAC, Ministère de la Culture), consiste en l’étude de quatre nécropoles du VIIe siècle de la région lilloise. L’autre prévoit en 2014, avec la Direction de l’archéologie préventive de la Communauté d’agglomération du Douaisis (DAP-CAD), une exposition sur le haut Moyen Âge dans le Nord de la France.


Structurer les réseaux scientifiques spontanés et valoriser la recherche auprès du public

La quantité limitée de sources écrites pour cette période de l’histoire amène les historiens à adopter une approche comparative et à se constituer en réseaux, le plus souvent internationaux. C’est dans cet objectif de rapprochements à la fois géographiques et chronologiques que Charles Mériaux a co-organisé en mai 2013 le colloque La dramatique conciliaire. Coups de théâtre, tactique et sincérité des convictions dans les débats conciliaires de l’Antiquité à Vatican II. L’historien collabore par ailleurs à un projet de recensement des églises édifiées avant l’an mille et pilote une série d’ateliers ayant trait aux textes hagiographiques. Il est également secrétaire adjoint de rédaction de la Revue du Nord et membre des comités de lecture de la Revue d’histoire de l’Église de France et de la Revue Mabillon.

En 2010, il a publié, avec Geneviève Bührer-Thierry, La France avant la France (481-888), premier volume d’une histoire de France revisitée (Éditions Belin), dévoilant au public les mécanismes de la recherche scientifique à travers, notamment, un ensemble d’illustrations et de cartes largement commentées. Charles Mériaux a également participé comme conseiller scientifique à la réalisation de la série télévisée Sur nos traces. Troisième partie : à l’époque des Francs diffusée du 17 au 21 juin 2013 sur la chaîne ARTE.

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