Lille 3, dotée d’un des plus gros « gisements » documentaires, conforte sa place de pôle de documentation remarquable

Après les sciences de l’antiquité, le polonais, les archives égyptologiques Vercoutter, le CADIST langues, littératures et civilisations des mondes anglophones et la bibliothèque Georges Lefebvre, Lille 3 accueillera prochainement le fonds de l’Institut néerlandais de Paris qui, après 57 années d’existence, fermera ses portes au 31 décembre 2013.

Retour sur cette formidable aventure collective avec Martine Benoit, actuelle vice-présidente déléguée « Documentation, édition et archives ouvertes, en charge du Learning Center », chargée de mission « Politique des langues » de 2006 à 2009, vice-présidente en charge des formations entre 2010 et 2012 et directrice de l’UFR Études germaniques de 2004 à 2006.

Quelles sont les circonstances qui ont amené Lille 3 à s’engager dans un tel projet?

L’initiative même du projet revient à des collègues du Réseau initiative pour le néerlandais, que nous avons rencontrés en juin dernier, Annick Rivens-Mompean* et moi-même. Lors de cette rencontre nous a été exposée l’urgence liée à la prochaine fermeture de l’institut néerlandais de Paris et la question de la cession de son fond littéraire**.

Cette collection littéraire constituant une réelle opportunité pour notre université, il était essentiel de s’engager rapidement. C’est pourquoi dès mi-juillet une délégation Lille 3 s’est rendue à l’Institut pour définir les modalités de notre engagement.

Le projet, impulsé par Marnix Bonnike, Président de Artconnexion, a mobilisé de plus les collègues de la Commission de la coopération territoriale de Lille Métropole Communauté Urbaine (Céline Scavennec et Pierre Marragou) et du SCD de Lille 3 (Isabelle Westeel). La candidature a finalement été présentée début septembre en partenariat avec la ville de Lille, LMCU, l’Eurométropole, le Conseil général du nord, ainsi que le Réseau initiative pour le néerlandais, Ons erfdeel, la maison du Néerlandais de Bailleul, la Villa Marguerite Yourcenar et le Réseau Franco-néerlandais avec Philippe Noble.

Vous parlez « d’opportunité » pour Lille 3. Pouvez-vous nous en dire plus?

L’arrivée de ce fonds va nous permettre d’assurer une plus grande visibilité des formations et de la recherche en néerlandais sur Lille 3, mais aussi de renforcer la dynamique régionale et transfrontalière en faveur de la promotion et de l’apprentissage du néerlandais. En outre, ce travail autour des bibliothèques s’inscrit pleinement dans le projet de Learning center comme « espace repensé », adossé à une bibliothèque universitaire patrimoniale.

Dans la lignée des actions déjà menées au sein de l’Eurométropole, ce fonds représente également une opportunité pour la mise en œuvre de nouveaux projets culturels impliquant les acteurs du territoire eurométropolitain.

La candidature de Lille 3 a été retenue par l’Institut néerlandais de Paris. Selon vous, qu’est-ce qui a motivé ce choix?

La candidature de l’Université répondait à de nombreux critères : le maintien des collections dans leur unité, l’ouverture à un large public et l’animation et l’enrichissement de ce fonds. La situation géographique de notre université à une heure de TGV de Paris et au cœur du territoire transfrontalier de l’Eurométropole Lille-Kortrijk-Tournai, la richesse documentaire de sa bibliothèque et la mobilisation de nombreux partenaires étaient autant d’atouts qui ont pu justifier ce choix.

[pullquote align= »left »]La collection littéraire est constituée d’environ 7500 ouvrages en néerlandais et des traductions, 1300 ouvrages de littérature de jeunesse et de nombreux périodiques afférents à la langue et la culture néerlandophone[/pullquote]

Que va-t-il se passer maintenant?

Pour ce qui est de l’accueil du fonds, un important travail reste à faire quant aux modalités concrètes du déménagement (une demande de cofinancement a d’ailleurs été formalisée auprès de la Taalunie , organisation intergouvernementale Belgique/Pays-Bas qui a pour objectif l’intégration des Pays-Bas et de la partie néerlandophone de la Belgique en matière de langue et de littérature). Un 1er accueil officieux de l’Institut à la Bibliothèque Universitaire Centrale aura lieu fin novembre, cette réunion technique doit permettre de bien identifier le fonds et les modalités de son accueil, nous sommes en train de rédiger en ce sens une convention d’accueil. L’inauguration officielle du fonds est quant à elle programmée pendant « la quinzaine du néerlandais » qui se tiendra sur le campus du lundi 3 février au vendredi 14 février 2014 : le temps d’une quinzaine, l’université vivra à l’heure néerlandaise et flamande avec des conférences, des rencontres, des expositions, des concerts, des moments de danse, du cinéma.

Plus généralement, on peut souhaiter que la nouvelle impulsion donnée par ce projet – qui a mobilisé tout un réseau de partenaires – permettra de « rebondir » après la fin du projet Interreg IV Cobalt (COmmunication et Brassage culturel à travers l’Apprentissage des Langues et des Technologies), et notamment que l’engagement de Lille 3, dans une participation à la recherche et à l’enseignement du néerlandais en France, sera poursuivi. Le néerlandais constitue en effet un véritable atout pour aller travailler en Flandre occidentale et en Wallonie, où l’offre de travail est particulièrement importante. L’atout est également culturel, notamment sur les questions environnementales où nous avons beaucoup à apprendre des Néerlandais.

[divider top= »0″]*Annick Rivens-Mompean est chargée de mission « Politique des langues, LANSAD et Centre de Ressources en Langues » à Lille 3.

** Le fond Custodia d’histoire de l’art reste à Paris dans les locaux de la fondation Custodia.