Ryna et Quentin ont un parcours aussi éclectique qu’il est cohérent.

Aujourd’hui étudiants en licence de japonais, ils sont passés par un BTS restauration et plusieurs séjours longue durée au Japon, avant de venir perfectionner cette  langue qu’ils affectionnent tant à Lille 3. Mais c’est entre les amphis du campus et les cours du soir de Lille 1 qu’ils squattent les locaux d’Action Culture, et qu’ils proposent à leurs paires de visiter l’exposition « Yuzen » de la Galerie des 3 Lacs.

Rencontre-interview au milieu des kimonos :

INFORUM  Bonjour Ryna et Quentin : vous nous accueillez en pleines révisions, au beau milieu des kimonos de la galerie des 3 Lacs. Comment en êtes vous arrivés là ?

QUENTIN – C’est Brigitte Lefèvre, notre professeur, qui a mentionné l’exposition de kimonos et la possibilité de s’impliquer auprès d’Action Culture pour relayer l’événement et donner un coup de main.

RYNA – Plus qu’une simple permanence pour ouvrir la galerie à tous les publics le plus souvent possible, on guide les visiteurs et on leur donne des détails sur les œuvres et le contexte de l’exposition.

QUENTIN – Mais surtout nous avons pu apporter une vraie contribution au vernissage en proposant d’amener d’autres étudiants en costumes traditionnels japonais, en proposant un stand de calligraphie… Nous venons aussi de préparer un « finissage » pour ce jeudi 7 novembre à partir de 16h, avec des stands de go et shogi (échecs japonais), origamis, essais de yukata, etc.

RYNA – Nous avons aussi écumé les amphis et les associations pour fédérer un maximum de monde autour de ces événements. Nous avons effectué un vrai travail de médiation culturelle et de communicants, afin d’ameuter un maximum d’étudiants, mais aussi de faire découvrir la galerie et l’exposition à l’extérieur de l’université.

INFORUM Pourquoi un tel investissement ? Il faut rappeler que vous êtes totalement bénévoles ! 

QUENTIN – Nous avions du temps cette année, et surtout l’envie de nous investir pour faire bouger la vie étudiante, notre campus. A l’annonce de cette exposition, ça a été le déclic : promouvoir notre passion, proposer notre bonne volonté et nos talents ! C’était l’occasion unique pour nous d’allier notre expérience du Japon tout en travaillant à la mise en place d’un événement.

RYNA – J’ai toujours été attirée par le monde de l’événementiel, et je compte plus tard développer mon parcours professionnel dans ce secteur. Nos expériences en hôtellerie et restauration touchent de prêt à ce concept d’organisation au service des visiteurs.

QUENTIN – Nous prenons du plaisir à participer à ces projets, tout en bénéficiant d’une réelle découverte professionnelle. Encadré par l’équipe d’Action Culture, nous explorons les rouages de la mise en place d’un événement, de l’accueil d’un artiste, des rouages de la communication, …

RYNA – Dans notre parcours c’est souvent nos stages qui nous ont fait avancer. Pour nous, l’expérimentation est primordiale dans l’apprentissage. Les études sont une porte ouverte sur ces expériences : Stages, voyages, projets…

 

INFORUM  – A ce sujet : Expliquez-nous un peu votre parcours avant d’arriver à Lille 3.

QUENTIN – C’est en 2010 que nous avons passé deux mois dans le japon rural, à Kiyosato. Nous avons découvert la valeur du travail, de la famille, et le poids des traditions. Avant de partir, nous étions déjà en japonais à Lille 3, mais la formation était trop littéraire pour nous et pas assez axée sur l’apprentissage de la langue. Nous étions peut-être trop pressés d’en découdre et nous sommes donc partis là bas.

RYNA – C’était aussi notre premier contact concret avec le monde de la restauration gastronomique et de l’hôtellerie puisque nous travaillions dans ce secteur. En rentrant en France, nous nous sommes inscrits en BTS hôtellerie-restauration et après trois ans de formation, nous sommes repartis au japon pour valider nos acquis.

QUENTIN – Nous sommes rentrés cet été et nous prévoyons de passer la licence Pro en e-commerce proposée à l’IUT de Roubaix. Mais l’inscription a été compliquée depuis le japon et nous n’avons pas eu le temps de trouver une entreprise pour nous accueillir dans ce cadre.

RYNA – Du coup nous sommes revenus en licence de japonais, et nous comptons développer au maximum notre pratique de la langue avant de repartir. Nous suivons aussi les cours du soir de Lille 1, et comptons beaucoup sur le CRL (Centre de Ressources en Langues) et notre tutrice madame Sugie.

INFORUM  Et la suite ?

QUENTIN – Tout au long de cette année nous allons continuer à épauler le service culturel de l’université. Les projets qui font suite à cette exposition de motifs pour kimonos nous sont apparus tout aussi intéressants autant du point de vue artistique que d’un point de vue organisationnel. Même si nous sommes moins « spécialisés » dans la culture mexicaine ou chinoise, nous ne manquerons pas de répondre à l’appel pour de nouvelles aventures.

RYNA – On pense déjà donner un sérieux coup de main en janvier : beaucoup de choses se préparent autour du nouvel an chinois. Et puis nous continuerons à assurer des permanences à la Galerie. La prochaine exposition sur la représentation de la mort au Mexique est très colorée, et je pense qu’elle plaira à beaucoup, comme celle des kimonos.

 

INFORUM  – Comment voyez-vous la suite de vos études ? Avez-vous des projets professionnels ?

QUENTIN – Pour ce qui du japonais, on met toutes les chances de notre côté pour intégrer sereinement la licence pro e-commerce à l’IUT de Roubaix l’année prochaine.

RYNA –  Ensuite nous comptons vraiment repartir au japon, et développer notre vie professionnelle là bas un petit bout de temps !

 

Propos recueillis par Romain Henning, du service Action Culture