Lille 3. Un an après l’entrée en L1

par Pierre Dubois, Sociologue, chercheur au CNRS de 1969 à 1980,professeur de 1980 à 2008 dans 3 universités (Lille 3, Paris 10 Nanterre, Marne-la-Vallée)

Lille 3 fête ses 40 ans. L’occasion de mettre en valeur les travaux de son observatoire : l’OFIVE, créé en 1999 et dirigé par Stéphane Bertolino. Le dernier numéro publié (janvier 2014) est consacré au devenir des bacheliers entrés dans l’université en septembre 2011 : amorce d’un suivi de cohorte. A lire absolument dans cette période où les bacheliers 2014 vont commencer à saisir leurs vœux d’études supérieures dans le dispositif Admission Post-bac.

Enquête auprès de 1260 néobacheliers 2011 inscrits à Lille 3 en 2011/2012 en première année de Licence générale. Devenir en 2012-2013 : 58% de réinscrits et 42% non réinscrits à Lille 3.

L’étude révèle notamment que 3% des néobacheliers 2011 non réinscrits en 2012/2013 ne sont jamais venus et que 20% ont quitté Lille 3 avant les examens du 1er semestre. Par ailleurs tous les sortants ne sont pas, comme on pourrait le croire, en situation d’échec puisque 9% avaient validé leur 1ère année de Licence et que bien souvent les jeunes bacheliers s’étaient inscrits à Lille 3 par choix pédagogique « volontariste » (82%) et moins souvent par défaut (18%).

En s’inscrivant à l’université, leurs ambitions d’études étaient assez élevées, un quart d’entre eux cherchait à atteindre un niveau de diplôme supérieur ou égal à bac+5 et 49% un diplôme de niveau bac+3. La plupart d’entre eux n’y ont d’ailleurs pas renoncé car 83% ont poursuivi leurs études l’année suivante, majoritairement dans l’enseignement supérieur (31% en Licence et 34% en BTS) et les autres, en emploi (7%) ou en recherche d’emploi (7%), envisagent dans plus de 63% des cas de reprendre des études.

Quant aux raisons de leur départ de l’université, le décalage entre la réalité de la formation (matières enseignées) et les représentations (attentes) a souvent été évoqué (37% des cas) et un quart des sortants a déclaré que leur projet professionnel avait évolué en cours de route. D’autres (29%) n’étaient pas préparés aux études universitaires et ne se sont pas adaptés au fonctionnement de l’université, 9% ont jugé qu’ils n’avaient pas le niveau requis.