Art martial japonais, le kendo permet d’acquérir des techniques de combat mais aussi de développer sa force de caractère. De retour du Japon, un étudiant de Lille 3 nous fait part de son expérience.

Quel est ton parcours universitaire jusqu’à présent ?

Victor Rivaud : j’ai actuellement 21 ans. Suite à un BAC S (que j’ai choisi car il me permettait ensuite de m’orienter vers n’importe quel cursus), j’ai choisi d’étudier les langues. J’ai donc tout d’abord fait une année en LEA Anglais/Chinois à l’université de La Rochelle. J’ai alors eu l’occasion d’assister à un cours d’initiation à la langue japonaise qui m’a vraiment passionné et c’est la raison pour laquelle j’ai choisi de changer de cursus afin d’étudier le Japon en LCE Japonais à l’université de Lille 3 (en 3e année aujourd’hui).

Pourquoi cette attractivité pour le Japon ?

VICTOR : Comme bon nombre de personnes, je regarde des dessins animés ou lis des mangas depuis que je suis enfant. Même si à l’époque je ne le savais pas forcément, j’ai toujours été entouré de la culture nippone. A partir de la fin du lycée, début d’université, je me suis davantage intéressé à ce pays (musique/culture/actualités). Me voilà donc aujourd’hui étudiant de japonais, pris de passion pour ce pays. Tout comme pour n’importe quelle langue, la meilleure façon d’apprendre est bien évidemment d’aller dans le pays en question. Je trouve que cela est d’autant plus vrai pour une langue comme le japonais où il est nécessaire de bien comprendre la culture nippone, très différente de la nôtre, afin de comprendre les différences linguistiques. J’y suis donc allé une première fois suite à ma première année pour quelques semaines, mais ce n’était que du tourisme. Quand l’occasion s’est présentée de partir étudier un semestre là-bas en troisième année, j’ai donc sauté sur l’occasion.

Tu en as profité pour pratiquer différents sports.  En quoi l’enseignement de ces sports est-il différent ?

Le Kendô  (« voie du sabre ») en revanche, étant à la base japonais, se démarque dans son enseignement. L’ambiance martiale ainsi que l’esprit Bushi tiré de l’époque des samouraïs sont omniprésents et m’ont permis de vivre une expérience vraiment fantastique et unique !

En complément de l’apprentissage de langue, j’ai décidé de m’inscrire dans plusieurs cours de sport. L’avantage est que contrairement à un cours classique, où on ne peut pas forcément parler comme on l’entend, il y est très facile de pratiquer la langue et rencontrer de nouvelles personnes. De plus, étonnamment, presque personne ne prend ces cours donc c’est un excellent moyen de se retrouver immergé dans la culture du pays. J’ai choisi de pratiquer des sports que je pratique en France aussi, comme le foot et le tennis, mais aussi de tenter quelque chose de parfaitement japonais : le Kendô. Pour les deux premiers, rien ne diffère vraiment si ce n’est que l’apprentissage est plus autodidacte, les élèves s’aident entre eux, plutôt qu’un professeur qui enseigne quoi faire. En revanche, Le Kendô* étant à la base japonais, il se démarque dans son enseignement. L’ambiance martiale ainsi que l’esprit Bushi tiré de l’époque des samouraïs sont omniprésents et m’ont permis de vivre une expérience vraiment fantastique et unique !

Comment passe-t-on d’un séjour touristique au Japon à un semestre d’études  à l’université de Tokyo ?

VICTOR : Afin de participer à cet échange ISEP, nous sommes passés par le service des Relations Internationales (RI). Au début cela fait un peu peur, il y a beaucoup de papiers à remplir, beaucoup de dates à retenir, de comptes à faire. Mais au final tout se passe très simplement. Le personnel du RI qui nous a assisté tout du long a toujours été très efficace et à l’écoute. Il n’y a au final aucune vraie difficulté, si on se pensait perdus il suffisait de leur demander et ils nous aidaient toujours du mieux qu’ils pouvaient.
La question du budget est bien évidemment un point important à prendre en compte dans ce genre de cas. Ce qui est sûr c’est que si on en a les moyens, il est très avantageux de partir avec ce genre de programme. En tant que boursier CROUS, j’ai touché des bourses supplémentaires ainsi que divers versements intrinsèques à Lille 3. Au final, les deux paiements principaux (car il est possible de diviser les paiements) ont été amortis sur la durée par l’argent supplémentaire que j’ai perçu. De plus, si on prend en compte le prix des universités japonaises, qui sont privées, et qu’on le compare au prix total du voyage, c’est très avantageux.

Qu’est-ce-que cette expérience t’a apporté ?

VICTOR : Sur tous les points cette expérience aura été bénéfique. Déjà culturellement, on se retrouve imbibés de la culture japonaise dans laquelle nous vivions, ayant la possibilité de côtoyer des japonais à l’université et en dehors. Mais pas que ! Le programme ISEP étant international, il y avait des étudiants des 4 coins du monde. Principalement des américains, mais aussi des anglais, mexicains, australiens, suédois, finlandais, estoniens… Il est absolument génial de pouvoir vivre ce genre d’expérience et pouvoir se rendre compte des différences, parfois absolues, qui séparent nos pays respectifs.
D’un point de vue linguistique, cela m’a bien évidemment permis de parfaire mon japonais, en mise en situation, mais aussi mon anglais. Le français était devenu ma troisième langue…
Et aussi de manière générale, c’est une expérience qui fait mûrir et nous change

Un conseil à donner pour se lancer ?

VICTOR : La seule chose que j’aurais à dire est de ne pas hésiter. C’est une occasion formidable qui ne se présente pas forcément plusieurs fois et qu’il serait dommage de rater juste parce qu’on a raté le coche. Il ne faut surtout pas avoir peur ou quoi que ce soit, ça ne peut au final n’être que bénéfique !

Pour aller plus loin :

Tenue de Kendo

* Le kendo (dont le nom signifie littéralement « la voie du sabre ») est un art martial de maniement du sabre, le ken ou katana. Ce sport de compétition se pratique aujourd’hui avec un shinai, un sabre en bambou de 1,20 m de long. Les combattants (kendoka ou kenshi) portent une jupe pantalon traditionnelle ou hakama et une armure appelée bogu. Grâce à ce matériel adapté (arme en bambou et armure de protection), les assauts sont menés de façon réelle.

– Pour ceux et celles qui veulent pratiquer le kendo, Comité national du Kendo : http://www.cnkendo-dr.com/