Comme chaque matin, il est là, assis derrière les vitres de son bureau dans la Bibliothèque Centrale. Habillé d’une façon absolument impeccable, en costume noir et cravate colorée, Nicolas Mabounda suit tous les mouvements dans le hall de la BU.

Tous passent devant lui : Arnaud, Marine, Claire, Guillaume… 3500 personnes en moyenne par jour, et pour tous, qu’ils soient étudiants, professeurs, personnels administratifs de Lille 3, ou même extérieurs à l’université, et quelle que soit l’heure, il a le même sourire.

Nicolas n’est pas seulement un guide, il est aussi un confident.

Nicolas avoue qu’il est un homme heureux et que sourire est naturel pour lui. Mais il considère que sa popularité à l’accueil de la BU, où il est depuis 5 ans, est due à sa patience, à son sens de l’écoute et à ses bons conseils. « Ici l’accueil c’est différent d’un aéroport, où il n’y a pas de contact. Ici c’est un lieu intellectuel, instructif. Il faut que j’écoute, que j’oriente, que je sois disponible pour les gens et que je sois amical ; mais il faut aussi que je fasse respecter le règlement de la Bibliothèque », assure-t-il en faisant avec la main un mouvement que dénote le sérieux de son métier.

Néanmoins, derrière le personnage se cache toute une histoire. Originaire du Congo, il est arrivé en France en 1984, avec une formation en sport, en tant que professeur de basketball. Mais un jour, en 1997,  il a échangé ses joggings, ses baskets et son sifflet pour un costume, une cravate et un stylo. Il a alors travaillé à Lille 3, d’abord sur le campus de Roubaix et depuis 5 ans il fait partie de l’équipe de la Bibliothèque centrale, où il travaille avec plus de 70 personnes.

La directrice de la bibliothèque, Isabelle Westeel, nous confie que Nicolas, s’il incarne effectivement pour nous l’image de la bibliothèque, intervient beaucoup en termes de médiation et d’accueil à l’entrée de la Bibliothèque. En plus c’est un excellent collègue !

Comment obtient-il la confiance des gens ? « L’attitude y est pour beaucoup : je mets les personnes à l’aise en leur donnant confiance, parce que c’est ma personnalité et personne ne peux m’enlever ça ». Il utilise avec les visiteurs de la BU les mêmes stratégies que son père utilisait pour s’approcher des différentes communautés au Congo, les mêmes qu’il a appliquées avec ses enfants. Résultat ? Nicolas n’est pas seulement un guide, il est aussi un confident.

Par rapport à la confiance dont il parle, il se souvient d’une anecdote : une fois une fille est arrivée à la bibliothèque. Elle était un peu troublée, elle tapait les portes et parlait très fort, presqu’en criant. Elle ne voulait écouter personne, mais c’est en lui parlant « presque comme un père » et en parlant de la musique qu’elle entendait à ce moment-là que Nicolas a réussi à la calmer. Après elle est revenue plusieurs fois à la BU uniquement pour partager un moment avec lui.

On pourrait penser que, comme il travaille dans une bibliothèque, il est un passionné de lecture et qu’il a toujours un bouquin entre les mains. Mais il admet qu’il ne lit pas beaucoup sauf des revues de psychologie et des journaux. Et le sport ? Il ne réussit pas à l’oublier et parfois les weekends, pour se souvenir du bon vieux temps, Nicolas quitte sa tenue élégante pour un jogging et joue au basket avec un de ses fils…