Le mardi 18 mars dernier, la bibliothèque universitaire a eu l’honneur de recevoir Horacio González, directeur de la bibliothèque nationale d’Argentine
Horacio González, de passage en France à l’occasion du Salon du Livre qui a mis à l’honneur en 2014 les lettres argentines, participait à l’hommage rendu par l’université au poète Juan Gelman, Doctor Honoris Causa de l’université Lille 3.

Gelman et Foucault

Cette rencontre organisée par le laboratoire Cecille en partenariat avec la Bibliothèque universitaire et Action Culture associait les écrivains argentins Horacio González, Luis Chitarroni, Guillermo Saccomanno et Fernanda Garcia Lao accompagnés du dessinateur Rep et du bandéoniste Cesar Stroscio.
La visite de la bibliothèque universitaire a commencé par un échange autour de l’exposition Michel Foucault. Horacio González a été très intéressé par la visite de l’exposition même si Michel Foucault, personnalité intellectuelle connue en Argentine n’y a pas donné de conférences, à la différence du Brésil. Un fait étonnant mérite d’être souligné: Michel Foucault est notamment lu dans les écoles de police argentines. Les Argentins sont par ailleurs très fiers de l’importance donnée par Michel Foucault à l’œuvre de l’écrivain Jorge Luis Borges.

Quelques ouvrages remarquables de la Bibliothèque universitaire

La visite s’est poursuivie par une présentation de quelques ouvrages remarquables conservés à la bibliothèque universitaire : le pontifical de Noyon, manuscrit sur parchemin du 16e siècle avec musique notée (Ms 105), une Bible de Luther, Die gantze Heilige Schrifft, Wittemberg, Hans Luft, 1550-1551 (A-64), un traité sur l’Ordre des Chevaliers de la Toison d’Or, Origine del nobilissimo ordine del Tosone de Giovanni Francesco Pugnatore paru à Palerme chez G. A. de Franceschi en 1590 (A-2897).

La richesse des cartes colorées du « Blaeu », Le nouveau théâtre du monde ou nouvel atlas contenant les chartes et descriptions de tous les païs de la terre, paru à Amsterdam entre 1648 et 1654 (cote 908) a enchanté l’auditoire ainsi qu’un exemplaire remarquable du De humani corporis fabrica de Vésale paru à Bâle chez Jean Oporin en 1555 (Cote 177) qui a la particularité d’avoir conservé des montages de papier associés aux illustrations soit deux dépliants avec parties anatomiques maniables superposées par collage.

Les « Bibles de chignon « 

La présentation s’est terminée par une curiosité, un psautier huguenot imprimé à Montbéliard au 18e siècle et donc postérieur à la révocation de l’Edit de Nantes, Les psaumes de David (…) publié à Montbéliard chez J. Theop. Deckherr en 1776. La petite taille de ce recueil (environ 5 cm x 3 cm), destiné à une utilisation quotidienne à l’instar de nos actuels livres de poche, lui a valu la dénomination de « chignon » en référence aux « bibles de chignon », imprimées à la même époque et dont les dimensions permettaient qu’on les cache rapidement dans sa chevelure à une période où ces écrits étaient interdits aux protestants français. La réserve patrimoniale de Lille 3 conserve cinq «chignons» dont quatre appartiennent à la collection de l’Institut Eric Weil. L’ouvrage présenté fait partie de la réserve patrimoniale commune des trois universités lilloises. Il est arrivé dans les collections suite à la confiscation de bibliothèques ecclésiastiques en 1905.

La visite ne pouvait se terminer que par la présentation des magasins de conservation de la bibliothèque universitaire, en particulier celui conservant les collections patrimoniales, fonds historique de l’université.

Chacun a apprécié ce moment privilégié. Merci à Christophe Hugot, Cécile Martini, Laetitia Bossart, Florence Danel et Axelle Gagnard (pour ses talents de traductrice).