Vous êtes insatisfait d’un 18 sur 20 ou vous passez des nuits blanches à réviser ? Votre soif de réussite se fait au détriment des amis et des loisirs ? Alors vous êtes sans doute perfectionniste.

La conférence « Perfectionnisme et bien-être à l’université », qui a eu lieu mardi midi en amphi 1, a été l’occasion de rappeler les différentes facettes de cette tendance : tantôt bénéfique, tantôt nuisible pour notre bien-être. Plusieurs professeurs en psychologie  sont venus présenter les premiers résultats d’une vaste étude menée par les laboratoires de recherche PSITEC (Psychologie : Interactions, Temps, Émotions, Cognition) et URECA (Unité de Recherche en Sciences Cognitives et Affectives), et soutenue par Lille Métropole.

Ces premiers résultats s’appuient sur une enquête menée à la rentrée 2013 auprès de néo-bacheliers faisant leur entrée à Lille 3. 416 d’entre eux ont participé à cette première phase ; la seconde est programmée pour la prochaine rentrée et fera cette fois-ci appel à tous les étudiants. Attendez-vous donc à être sollicité(e)s !

 

> Perfectionnisme clinique vs. perfectionnisme serein

S’il faut retenir une chose en particulier de cette conférence, c’est la distinction qui est faite entre le perfectionniste clinique et le perfectionniste serein (ou « optimaliste »). L’un n’admet pas l’échec, refuse les émotions douloureuses et nie la réalité, quand l’autre les accepte au contraire. De même, alors que le perfectionniste serein se satisfait d’une réussite établie, le perfectionniste clinique préfère courir après elle plutôt que de l’atteindre.

Ces deux tendances sont radicalement opposées car si l’une permet d’améliorer son bien-être (satisfaction personnelle, réussite sociale, …), l’autre dévoile un mal-être et peut mener à des conséquences négatives (santé, fatigue, isolement social, restriction des autres intérêts, …). Quand on parle de perfectionnisme, il ne faut pas seulement entendre réussite scolaire ou professionnelle. Elle s’exerce également dans d’autres domaines : relations amicales, amoureuses ou familiales ; poids (anorexie) ; apparence (chirurgie) ; etc.

 

L’ambition et la soif de réussite sont surtout l’apanage… des jeunes et des étudiants ! Pour éviter que la quête d’excellence nuise à notre bien-être, il convient donc d’accepter d’assouplir nos exigences envers nous-mêmes et arriver à « faire aussi bien en souffrant moins ». Et on ne peut que suivre le conseil de Tal Ben-Sharar, spécialiste de la psychologie positive et auteur de L’apprentissage de l’imperfection (2010) :

« Apprenez à échouer, sinon vous échouerez à apprendre »

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