Rencontre avec Clément Pouwels, assistant de conservation au Palais des Beaux Arts de Lille, et ancien étudiant de Lille 3.

Le Palais des Beaux-Arts est un élément incontournable à Lille. Non seulement pour son architecture magnifique- et encore il ne représente que la moitié de ce qui avait été prévu au début de sa construction- mais aussi parce que c’est l’un des musées les plus importants de France : le premier musée de province d’après le Journal des Arts. Difficile d’étudier à Lille sans aller y faire un tour, ne serait-ce que pour prendre une photo sur les marches de l’imposant bâtiment.

pba lilleC’est à l’occasion d’un Aparté – un rendez-vous spécial étudiants qui m’a donné la chance de connaître l’envers du décor : la préparation de l’exposition Sesotris III qui accueillera des pièces exceptionnelles d’un peu partout dans le monde et qui débutera en septembre – que j’ai rencontré Clément. Avec sa moustache et son nœud papillon bordeaux, j’ai tout de suite eu l’impression d’avoir affaire à un expert, un historien sûrement, de ceux qu’on voit dans les BDs. Et s’il a fait un master d’égyptologie, c’est en fait « un petit nouveau » dans le musée, tout droit sorti de Lille 3 ! Wouah. ! Travailler dans un musée aussi imposant, même si ce n’est que le temps d’un CDD, quelle chance !

Zoom sur son parcours

Après une prépa littérature de 2 ans, il intègre la licence lettres classiques en L3. Il fait ensuite une première année en master d’archéologie mention Égyptologie qu’il arrête pour préparer l’agrégation, fortement recommandée pour entrer en Doctorat. Seulement, il rate deux fois de suite le concours et se décide à laisser tomber le latin et le grec pour replonger dans la traduction de hiéroglyphes en master d’Égyptologie ! Son professeur lui confie d’ailleurs qu’il est le premier à reprendre en master après avoir échoué l’agrég. Mais il ne se démonte pas et, à la fin de son master, entame un master pro Gestion des Sites du Patrimoine. Son point fort ? Ce master professionnalise (comment son nom l’indique) grâce à ses stages obligatoires. C’est d’ailleurs un stage au PBA qui lui permettra d’être familier des lieux et des intervenants et de décrocher un CDD le temps de la préparation de l’exposition Sésostris III.

ArchéologueS

Quand j’ai entendu le mot « archéologie » j’ai tout de suite pensé à ces aventuriers qui traversent le monde pour s’accroupir et balayer la poussière pendant des heures à la recherche de trésors enfouis. La vérité c’est que très peu de gens ont la chance de faire ce métier et puis, l’archéologie c’est bien plus vaste. Les archéologues sont les « manuels », Clément a essayé et d’après ce que j’ai compris, il fait plutôt partie des « intellectuels » dans l’univers de l’archéologie. Il y a des chercheurs (souvent également professeurs à l’université), des historiens et ceux qui travaillent dans les musées : les conservateurs et leurs assistants. Ils donnent une dimension plus vivante à l’archéologie puisqu’ils exposent les œuvres d’art et les remettent dans leur contexte pour les visiteurs du musée.

Une expérience du travail collectif

En travaillant pour des musées, il se rend compte que c’est un boulot qui nécessite la coopération de tous les intervenants. En tant qu’assistant de conservation il travaille bien sûr avec l’attaché de conservation et le conservateur mais aussi avec le service communication, et d’autres services.

On l’appelle aussi lorsqu’il y a besoin de bras , comme la fois où il a dû déménager des œuvres dans l’urgence à cause d’un risque d’inondation. Et s’il doit passer pas mal de temps à faire des recherches, il a aussi l’occasion de partager ses connaissances avec les visiteurs. Cela lui permet ainsi d’associer le côté théorique à un aspect plus pratique.

Pour ceux que l’expérience muséale intéresse…

pba2Si vous voulez travailler dans un musée, vous savez sûrement que les places sont chères. Pour être assistant de conservation, par exemple, le concours n’a lieu qu’un fois tout les deux, trois ans, 400 candidats s’y présentent en moyenne pour seulement trois postes à la clé ! Clément, qui tente le concours sans trop y croire, a décider d’appliquer la maxime « Quand on ne peut pas entrer par la grande porte, il faut entrer par la petite (et pourquoi pas tenter la fenêtre pour les plus motivés !) ». C’est grâce aux stages que l’on peut se faire connaître et être pressenti lorsqu’un emploi est créé. Quant aux stages, il ne faut pas seulement viser les grands musées mais aussi les plus petits : là-bas, tout est à moins grande échelle et on est amené à remplir plusieurs rôles. Ça permet d’être plus polyvalent, ce qui est toujours un plus sur un CV.

Et même si vous n’êtes pas tenté par le métier d’assistant de conservation, n’attendez plus et rendez vous aux Apartés du musée réservées aux étudiants !