Un portrait rassurant pour tous ceux qui n’ont pas encore de projet précis !

« Le vrai voyageur n’a pas de plan établi et n’a pas l’intention d’arriver » disait un moine taoïste. Tel un voyageur, Marco Cappellini s’est laissé porté par les opportunités qui s’offraient à lui pour arriver où il est aujourd’hui : en doctorat de Didactique du Français Langue Étrangère. Il est en plus tuteur au CRL (vous l’avez d’ailleurs sans doute déjà croisé là-bas) et enseigne l’italien. Malgré un planning bien chargé, il trouve le temps de répondre à mes questions et m’en dit plus sur son parcours. Eh oui, pas évident de savoir comment un italien, qui est notamment passé par la Chine, se retrouve en doctorat à Lille 3 !

Son parcours…

En secondaire, il étudie les sciences, mais aussi l’art et les sciences sociales. En Italie, on ne se spécialise pas trop tôt, l’idée étant de susciter chez les jeunes la curiosité pour différentes disciplines et de ne pas se restreindre qu’aux sciences, à la littérature ou encore à l’économie. Après tout, Descartes n’était-il pas aussi bien un grand mathématicien qu’un grand philosophe ?

Il commence ensuite une licence de langue anglais/français et part un an en ERASMUS à Lyon. Là-bas, étonnamment, il se fait beaucoup plus d’amis étrangers que français ! Il rencontre celle qui deviendra sa femme – ah, la France n’est pas le pays de l’amour pour rien ! – et déménage avec elle sur Lille. Il y découvre une ville totalement différente de Lyon et m’explique que parler de la France est incorrecte tant elle est diverse.

Il a ensuite l’opportunité de passer une année en Chine, opportunité qu’il saisit. Après l’italien, le français et l’anglais, il peut rajouter une langue à son CV ! Là-bas, il se découvre un intérêt pour la didactique, c’est pourquoi après avoir voulu être prof de français en Italie, puis prof d’italien en France, il se lance dans un doctorat avec une thèse portant sur la didactique – sur la « Modélisation systématique des étayages dans un environnement de tandem par visio-conférence pour le français et le chinois langues étrangères » pour être précise.

Un doctorat qui répond à ses attentes. Au-delà de la recherche, ce dernier lui permet de rencontrer d’autres chercheurs et de discuter avec des professeurs. D’ailleurs, c’est lors de ces rencontres qu’il s’aperçoit qu’avoir étudié différentes matières (il s’est même essayé aux statistiques !) lui est utile.

Question budget…

Pas facile de travailler durant le doctorat. Alors il s’y est pris en avance : il a exercé une activité professionnelle avant, notamment durant son année en Chine. Il existe des contrats doctoraux mais là encore, mieux vaut anticiper pour être sûr de pouvoir concilier les deux.

Un conseil pour les étudiants ?

Marco Cappellini me répond modestement qu’il ne peut pas se permettre de donner de conseil, mais m’en transmet néanmoins un qu’il a reçu plus jeune et qui lui a servi : « En cours, il faut apprendre ses leçons, mais surtout apprendre à apprendre. ». La science évolue tellement vite que ce que l’on enseigne aujourd’hui sera dépassé demain. Il faut perpétuellement s’ouvrir à de nouvelles choses, et c’est cette capacité d’adaptation qui est au cœur des études…