L’UNEF, premier syndicat étudiant, a rendu public ce mercredi son « Baromètre des conditions d’étude ». Il en ressort un constat sévère envers l’Université : les étudiants se disent insatisfaits par l’encadrement, la pédagogie, l’insertion professionnelle et les conditions d’évaluation.

L’étude, menée du 30 avril au 18 mai, a recueilli plus de 10 000 réponses. Dans un souci de représentativité, 6 500 d’entre elles ont été retenues. L’UNEF (Union Syndicale des Étudiants de France), à l’origine de ce premier baromètre portant sur les conditions d’étude, envisage de le renouveler chaque année, consciente d’un « fort besoin d’expression » chez les étudiants.

> Des attentes pas assez entendues

Pour 62% des répondants (50% en IUT), l’Université ne considère pas leur réussite comme une priorité. Pire, 77% trouvent qu’il ne prend pas en compte leur avis. La critique s’étend aux enseignants eux-mêmes, puisqu’ils ne sont « pas assez formés à la pédagogie » selon un étudiant sur deux. L’encadrement est jugé insuffisant dans la même proportion.

L’insertion professionnelle est elle aussi pointée du doigt. Et pour cause, seule une formation sur deux disposerait d’un module d’insertion. Et lorsque c’est le cas, à peine 52% des étudiants le juge efficace. Ceux d’IUT semblent davantage satisfaits (72%) par ce service.

A Lille 3, de tels services existent ! Le BAIP (Bureau d’Aide à l’Insertion Professionnelle), comme son nom l’indique, accompagne les étudiants depuis leur première année jusqu’à leur entrée sur le marché du travail. Citons aussi Lilagora, réseau communautaire professionnel propre à Lille 3 créé en février dernier, qui permet aux étudiants d’être mis en relation avec les entreprises.

> L’étudiant au quotidien

Les sureffectifs posent aussi problème aux étudiants. La moitié déclare que leurs cours en amphi accueille au moins 200 étudiants. Un étudiant sur quatre se trouverait, en première année, dans des amphis accueillant plus de 600 étudiants. Les TD (Travaux dirigés) n’échappent pas à la critique, puisqu’ils accueillent plus de 40 étudiants dans un tiers des cas.

On note cependant une baisse de 30% des effectifs entre le début et la fin de l’année. La raison : un tiers des étudiants dit ne pas assister aux cours dès les premières semaines. Un absentéisme qui s’explique par le fait que l’enseignant n’apporte pas de plus-value à son cours, le rendant donc facilement substituable.

Les CM (Cours magistraux), un archaïsme ? Les étudiants estiment en majorité qu’ils « ne sont pas assez interactifs » et qu’ils sont « trop ennuyeux » et « trop théoriques ». C’est justement dans les matières où la théorie prime sur la pratique (Droit, Sciences, Santé) que les CM sont plus importants en terme de volume horaire. Lorsque l’encadrement s’avère plus utile (Sciences Humaines, IUT, STAPS), les TD sont privilégiés.

Quant à la question des frais d’inscription, les étudiants refusent à la quasi unanimité (92%) leur augmentation. Deux étudiants sur trois se disent prêts à se mobiliser au cas où cela se produirait.

> L’évaluation : plus de souplesse, moins de sélection

77% des étudiants jugent que l’évaluation sert davantage à sanctionner qu’à faire progresser. Une solution, plébiscitée par 85% des sondés, serait d’accorder plus d’importance au contrôle continu. Autre solution : mettre en place des cours de soutien en cas de rattrapage, un système inexistant selon 68% des sondés.

Le baromètre révèle enfin qu’un tiers des étudiants inscrits en première année le sont par défaut, soit par manque de place ou à cause d’une sélection (69%) dans la formation initialement escomptée, soit pour des raisons financières (21%). C’est pourquoi 25% des étudiants pensent, dès la première année, à se réorienter.

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Etudiants, comment réagissez-vous à cette enquête ? Laissez un commentaire ci-dessous !

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