La journée de l’entrepreneuriat a eu lieu le 20 novembre à Lille 3. Retour subjectif sur cet événement un peu particulier par Marine Dessaux, étudiante et rédactrice d’Inforum.


Je m’étais inscrite il y a plusieurs mois, avant même la rentrée. Le descriptif était plutôt laconique : « vous devrez tester votre créativité en concevant un projet viable ». Il n’y avait pas de détails, seulement le jour et le lieu. J’y suis allée seule, un peu intimidée devant tous ces gens venus en groupe et un peu plus âgés que moi. Quand je me suis assise dans l’amphi, je me suis demandée où j’avais atterri exactement. Au programme, cinq heures de conférences qui avaient l’air plutôt pointues et ne collaient pas vraiment avec le descriptif de la journée. Des murmures de protestations commençaient d’ailleurs à s’élever dans la salle.

J’étais en train de prendre en note, naïvement, le programme de la journée quand quelqu’un est entré dans l’amphi, quelques rangs au dessus de moi, et s’est mis à hurler. Mon sang n’a fait qu’un tour. Qui était donc ce fou ? Je n’étais vraiment pas rassurée, d’autant qu’il commençait à descendre les marches, se rapprochant de moi. En voyant son maquillage − il ressemblait à un espèce de démon rouge − mes inquiétudes se sont envolées. L’homme qui présentait jusque là le programme de la journée a feint la surprise. Alors, la police, suivie de deux hommes habillés de noir portant une cagoule et un gilet par balle, a débarqué, se jetant sur le pseudo-monstre. Le scénario était tellement surréaliste que je me suis mis à rire franchement.

Intervention de la présidente à la  journée de l'entrepreneuriat dans l'amphi B7 − Marine Dessaux

Intervention de la présidente de Lille 3, Fabienne Blaise, à la journée de l’entrepreneuriat dans l’amphi B7 − Marine Dessaux

Nous avons ensuite été mis « en quarantaine » (dans le hall devant l’amphi B7) et répartis par groupe. Il s’agissait de tester nos aptitudes « intellectuelles et de motricité », nous disait-on. Histoire de s’assurer que nous n’avions pas été contaminés par le monstre (contrairement à deux des organisateurs dont l’état allait se dégrader salement au cours de la journée).

Donner une nouvelle vie à un vieil objet

C’est alors que nous sommes entrés dans le vif du sujet. Nous avons commencé par construire ensemble une tour de papier. Puis nous sommes passés à de vieux objets. Il y avait vraiment de tout : un vieux pneu, une tête de cheval à coiffer, un presse-purée, un ancien modèle de DS… Il fallait leur trouver une nouvelle utilité, la justifier, créer un slogan, définir une clientèle en trois heures et présenter le projet devant un jury en trois minutes ! Un objectif ambitieux qui était surtout un prétexte pour mettre à l’épreuve notre créativité, notre capacité à travailler ensemble et à être concis. Un professeur en génie civil qui avait emmené une de ses classes a expliqué les raisons de sa venue : « La journée de l’entrepreneuriat valorise les jeunes et leur permet de travailler sur un projet concret. Ce qui est toujours motivant. C’est complémentaire des contenus théoriques qu’ils apprennent en cours. »

Le hall était en ébullition. Tout le monde semblait déterminé à proposer le meilleur projet. Il y avait des étudiants d’un peu partout. Rien qu’à ma table, une étudiante en première année de master de droit à Lille 2, une autre en management et communication à Dunkerque, un étudiant en licence 2 de pharmacie à Lille 2 et deux en STAPS à Valenciennes. Arrivés le matin en car, certains venaient dans le cadre de leurs cours. Ce qui ne les empêchait pas d’apprécier le concept. Ils étaient tout aussi impliqués que les autres.

Nous nous sommes présentés, comme pour un entretien d’embauche, en parlant de nos compétences, intérêts, expériences professionnelles et qualités. Je me rendais compte que j’étais entourée de personnes très motivées : l’une travaillait à l’opéra et au stade, un autre était vendeur rayon à Décathlon… Qui a dit que les étudiants ne faisaient rien ?

À la question « vous vous voyez auto-entrepreneur ? », tous répondaient oui. Et se projetaient dans l’avenir. « Un jour, quand j’aurais commencé à travailler… » « Ça peut être sympa de n’avoir personne au-dessus de soi. » « Moi j’ai déjà une idée précise. Je veux reprendre une entreprise avec un membre de ma famille. »

Impressionnant. La JRE a visiblement rencontré son public. On leur souhaite à tous de continuer et de mener à bien leurs projets.