Savoir à quoi s’attendre : c’est l’objectif des journées d’immersion organisées pour les lycéens de terminale par les trois universités lilloises. Retour sur celle de Lille 3, qui s’est déroulée il y a quelques jours sur le campus de Villeneuve d’Ascq.

9h. Café, pains au chocolat : c’est dans une atmosphère conviviale que 155 lycéens sont accueillis à la cafétéria de l’université. Puis ils s’en vont, accompagnés par un enseignant, suivre les cours de la filière qui les intéresse. C’est l’immersion complète : ils vont assister aux cours habituels de première année de licence.

Les lycéens ne sont pas complètement seuls : un-e étudiant-e leur sert de tuteur. « On fait en sorte qu’il y ait à peu près un tuteur par lycéen, explique Catherine Lenain, du service universitaire d’accueil d’information et d’orientation de Lille 3. Ils passent la journée avec eux : ils vont en cours, mangent avec eux et leur font visiter le campus. »

Le projet a commencé en 2009 avec un seul lycée. Aujourd’hui, ils sont dix-huit. Lille 3 les répartit durant deux journées (en novembre et février, en 2014). « Nous allons d’abord rencontrer les lycéens quand ils sont en première, pour expliquer le fonctionnement de l’université. » indique Catherine Lenain. Puis en terminale, les lycéens peuvent choisir de participer aux journées d’immersion dans la filière qui a retenu leur attention. «Nous organisons aussi des soirées avec les parents, dans les lycées, ajoute Catherine Lenain. Il y est en général beaucoup question de l’insertion professionnelle de nos différentes filières. »

Debriefing

À 15h30, c’est le debriefing pour la quinzaine d’étudiants qui ont suivi les cours de la licence d’anglais. La journée a été riche : civilisation américaine, britannique, français appliqué à la traduction. « Comment ça s’est passé ?, leur demande l’enseignant, Michael Mariaule. Vous avez le droit d’avoir trouvé ça horrible… » « Non, c’était bien. Je n’imaginais pas que la vie étudiante était aussi riche » L’enseignant prévient alors contre la tentation d’accumuler les activités extra-universitaires. « On voit très rapidement la différence entre ceux qui s’investissent dans leur travail personnel et ceux qui ne le font pas. » Une tutrice d’anglais l’avait souligné au début de la journée : « Je crois que la principale chose que j’aurais aimé savoir avant d’aller à l’université, c’est qu’il fallait être autonome. »

« Finalement, ce n’est pas si différent de nos cours au lycée. »

Deux lycéennes restées discrètes avoueront plus tard ne pas avoir compris grand-chose à l’un des cours. Mais pour le reste, elles sont agréablement surprises. « Finalement, ce n’est pas si différent  de nos cours au lycée » Il faut dire que plusieurs d’entre eux suivent un programme d’anglais renforcé (le dispositif de discipline non linguistique).

Une autre demande si l’université participe au programme Erasmus (ce qui est le cas). Puis on comprend qu’elle souhaiterait s’établir aux États-unis. « Comment fait-on ? » « Et bien… on se débrouille ! » Et l’enseignant d’expliquer que devenir enseignant de français aux États-unis, par exemple, demande d’aller démarcher les employeurs potentiels.

Un lycéen a apprécié l’ambiance. Mais il s’inquiète. « Moi, je voudrais faire du commerce international ». « Pour ça, il vaut mieux aller en LEA » lui répond l’enseignant. D’où l’intérêt de la journée d’immersion. « C’est important que les lycéens se rendent compte maintenant, plutôt qu’après quelques mois de licence, de ce que sont vraiment les études qui les intéressent, explique Catherine Lenain. Qu’ils comprennent par exemple que les études de psychologie ont une dimension assez scientifique, ou qu’ils auront des cours de linguistique en anglais. C’est vraiment notre objectif, qu’ils valident ou non leur choix. »

Les journées d’immersion font partie du dispositif Demain l’université

Un article de L’Étudiant sur le sujet.