Le 13 mai, TV5 a diffusé un court-métrage de l’association Les Films au clair de lune.

Fondée en 2003, l’association a effectué il y a trois ans un virage qui s’est révélé très fécond. Au départ, ils tournaient surtout des court-métrages qui se déroulaient exclusivement dans la région. Puis en 2011, ils rencontrent les membres d’une congrégation religieuse basée dans le Nord et s’occupant d’un dispensaire au Togo. Ces derniers les mettent en contact avec une association locale. Ils partent y tourner trois films à l’été 2012.

C’est le début d’une véritable internationalisation des Films au clair de lune. Car entre-temps, ils ont adhéré à un réseau d’associations étudiantes de solidarité internationale. En février 2013, ils se rendent à une rencontre dans ce cadre, le Carrefour des projets, à Kindia en Guinée. Ils rencontrent des associations marocaines, françaises et guinéennes. Ils se lancent alors dans un programme de films en collaboration avec elles.


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La conception et le tournage

Le film diffusé sur TV5 se déroule en Guinée. La préparation est en général toujours la même. L’équipe rédige une première mouture du scénario, puis l’envoie à l’association, qui donne son avis, et éclaire sur le contexte local. « Ils ne comprenaient pas des expressions comme « avoir la main verte », par exemple, explique l’un des membres, Pierre Fleury. L’association nous a aidé à trouver des tournures de phrase plus locales. » Elle s’occupe également de choisir les acteurs. « Dans tous les films, nous mettons en scène des enfants, explique Ludivine David, une autre des membres. Ils ont une étonnante capacité à faire passer très simplement les messages. »

Reste à effectuer les repérages, et régler de nombreux détails. Comme souvent, cette phase s’est déroulée en février. Les étudiants étant en cours, c’est le réalisateur qui se met en congé de sa société, et part une dizaine de jours sur le terrain.

La projection du film devant les habitants du village

La projection du film devant les habitants du village

Le tournage s’est déroulé dans le village de Coyah, à une heure de la capitale, Conakry. « On demande aux associations de faire répéter les enfants et les autres acteurs une semaine avant notre arrivée, explique Ludivine David. Puis nous les faisons répéter encore une semaine. » Et ensuite, quelques jours de tournage suffisent… quand il n’y a pas d’imprévus ! « Nous savions que ce serait la saison des pluies à cette époque de l’année en Guinée. Mais on n’imaginait pas que ce serait à ce point ! » Ils doivent alors un peu réorganiser le plan de tournage en fonction des accalmies. Reste ensuite une semaine pendant laquelle le réalisateur monte. Pendant ce temps, les autres membres de l’association forment plusieurs enfants au montage. Avant de partir, ils leur laissent un ordinateur pour qu’ils puissent continuer à s’en servir. Et ils organisent une projection pour tout le village.

La rencontre avec TV5

Le réalisateur, Pierre-Antoine Carpentier, se rend au festival du court-métrage de Clermont-Ferrand. Il rencontre alors la responsable achat de TV5 Monde. Il commence à parler de sa société, puis en vient à évoquer l’association. Intéressée, son interlocutrice le met en relation avec le responsable de diffusion de la chaîne. Celui-ci choisit de diffuser l’un des films de l’association. Ce sera celui consacré à l’environnement, « Un arbre vaut plus que son bois ».

Tournage du court-métrage

Tournage du court-métrage

Le scénario : « Un arbre vaut plus que son bois »

Les Guinéens utilisent énormément le bois, pour la cuisine, le chauffage, etc. Ils en consomment de grandes quantités. Depuis quelques années, ils sont confrontés à un problème important de déforestation. « Ce qui importe d’abord aux mères guinéennes, explique Ludivine David, c’est de nourrir leurs enfants au jour le jour. Le reste passe après. » L’objet du court-métrage est de montrer que malgré tout, les ressources peuvent s’épuiser. Il met en scène quatre enfants partis couper du bois. Ils croisent alors un villageois qui leur dit qu’il doit marcher de plus en plus longtemps pour aller en chercher. Suivront de nouvelles rencontres et le cheminement, peu à peu, des questions dans la tête des enfants…

L’association a lancé une campagne de crowfunding pour financer son prochain projet, à Madagascar. Elle est presque complète, mais il leur manque encore un petit coup de pouce.