La semaine dernière, des étudiants de Lille 3 ont livré les premiers résultats d’une enquête sociologique réalisée auprès de leurs camarades de licence, sur les rapports qu’ils entretiennent avec le campus de Pont de Bois, à Villeneuve d’Ascq.

« Comme d’autres, je m’interrogeais sur la fréquentation du campus par les étudiants, explique Salhia Ben-Messahel, vice-présidente de la vie étudiante, avec en toile de fond le projet que nous avons d’une Maison de l’étudiant. J’en ai parlé au responsable de l’Ofive, Stéphane Bertolino, qui m’a mis en contact avec Aline Chamahian [maître de conférences en sociologie à l’université Lille 3]. » Celle-ci se lance dans le projet avec ses étudiants.

La sociologue Aline Chamahian explique la méthodologie adoptée lors de l'enquête.

La sociologue Aline Chamahian, responsable du projet, explique la méthodologie adoptée.

L’enquête a deux volets. Le premier, qui vient d’être présenté, est la partie exploratoire de cette recherche conduite par les étudiant-e-s de 2e année de licence, parcours sociologie quantitative. Il se fonde sur un travail d’observation et une trentaine d’entretiens avec des étudiant-e-s de licence. L’échantillon était conçu pour être le plus diversifié possible (différents lieux de résidence, salariés ou non, étrangers, etc.)

L’autre volet de l’enquête, commencé cette année, complète ce travail exploratoire par des questionnaires. Les enseignants de la licence de sociologie quantitative conduisent l’enquête, en collaboration avec l’Ofive qui a permis de diffuser les questionnaires à l’ensemble des étudiants de licence. L’Ofive a recueilli les réponses d’environ 20 % de ceux présents régulièrement, un taux tout à fait correct à cette époque de l’année. Les futurs étudiants de Licence 3 conduiront l’analyse sociologique et statistique de ces données l’année prochaine.

Des étudiantes restituent leur enquête

Les étudiants évoquent tour à tour les points saillants de leur enquête

D’ores et déjà, le travail exploratoire a mis en lumière plusieurs points intéressants. D’abord sur l’image que se fait un étudiant arrivant à l’université du mot « campus ». En général, cela évoque d’abord la vision renvoyée par les films et séries américaines : un endroit vaste où la vie sociale est très développée. Cependant, une fois arrivés à Lille 3, l’impression qui prévaut est d’abord et avant tout celle d’un lieu d’étude. En dehors des cours, on ne s’y éternise pas.

La situation particulière de Lille 3, séparée du quartier environnant par une passerelle, lui confère pour certains l’image d’une « mini-ville », voire d’une coquille protectrice. La différence est nette avec le campus Cité scientifique de Lille 1 qui leur semble à l’inverse complètement immergé dans la ville, avec le métro qui s’y arrête en plein cœur.

Martine Müller, du Crous, et Sébastien Costeur, de Villeneuve d'Ascq, apprécient l'enquête et de disposer de données sur le campus.

La directrice du Crous, Martine Müller, et Sébastien Costeur, élu de Villeneuve d’Ascq, apprécient de disposer de données détaillées sur la vie de campus.

L’arrivée sur le campus correspond aussi au difficile apprentissage du « métier d’étudiant » (selon les termes du sociologue français Alain Coulon). Habitués au collège-lycée à ce que les informations leur arrivent directement, le choc en arrivant à l’université est souvent rude. Certains ne se font pas à cette perte de repères, et c’est une des raisons importantes de leur décrochage. Mais la plupart arrivent peu à peu s’approprier les lieux, en développant des petites routines − passant du tableau d’affichage de leur UFR aux salles et lieux de vie qu’ils connaissent.

L’inconvénient de ces routines est qu’elles sont exclusives : sortis d’elles, les étudiants sont relativement indifférents aux autres sources d’informations. Et en particulier aux activités culturelles, sportives, syndicales et associatives que le campus peut leur offrir. La relative faiblesse du logement étudiant autour du campus (même si une seconde résidence est actuellement en construction en bordure de ce dernier) est également un frein, qui empêche les étudiants de s’y attarder le soir. Du grain à moudre, donc, pour l’université, le Crous et la mairie de Villeneuve d’Ascq, qui vont réfléchir à de nouvelles manières de rendre le campus plus attractif et accueillant.

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