Potatoit, une association de Lille 3 a aménagé un jardin potager sur le campus, ouvert aux personnels, étudiants et habitants du quartier, et va distribuer des paniers bio.

« N’hésitez pas à ramener votre fraise ! ». Adepte de la métaphore potagère, le président de Potatoit, Florian Delmarquette, étudiant à Lille 3, lance un appel aux bonnes volontés. Tous les étudiants, personnels et habitants du quartier sont en effet les bienvenus pour donner un coup de bêche et plus encore dans la nouvelle parcelle qui accueille depuis mai un jardin potager. D’une centaine de mètres-carrés, il est situé sur les pelouses derrière le bâtiment B.

Les parcelles du potager en cours d'aménagement

Les parcelles du potager en cours d’aménagement

Cette initiative vise à promouvoir l’agriculture urbaine, qui connaît un développement croissant en France, et finit par représenter une surface conséquente. Alimentation, loisirs, activité commerciale d’appoint, création de lien social, les objectifs de ces petites surfaces cultivées en ville sont divers. Au-delà des enjeux de développement durable et de renouveau social, les membres de Potatoit, amoureux de la nature, mettent surtout en avant une « ouverture sur le monde et sur les autres ».

Un jardin potager au cœur de Lille 3

Ce petit coin de verdure sera divisé en deux parties. Tout d’abord un potager où en plus des personnels et étudiants, les habitants du quartier pourront cultiver des légumes de saisons. Puis un espace détente, où pourront être dispensées diverses activités telles que des ateliers compost, des séances de yoga, des rencontres philosophiques, le tout dans un cadre 100 % naturel et agréable.

La pose du grillage le 17 juin

La pose du grillage le 17 juin

L’association a aménagé les pentes près du potager afin d’y installer un abri de jardin et des cuves à eau. Lille 3 a accordé un accès aux membres de l’association le dimanche et pendant les trois semaines où l’université est fermée en été. Pour commencer, les « pot’actifs » − ainsi qu’ils se nomment eux-mêmes − ont planté des choux et des haricots. « On soupçonne les lapins de venir les grignoter ! Mais pas d’inquiétude, les clôtures et le grillage à poule arrivent bientôt. » Un employé de la direction des usages du numérique fournit des choux de remplacement. Une autre du service juridique apporte des fleurs pour éviter la monoculture. Et à la mi-juin, c’est le moment de la construction de la clôture.

L'état des cultures, fin juillet 2015.

L’état des cultures, fin juillet 2015.

Début juillet, l’équipe recouvre d’un paillage la terre pour conserver un peu d’humidité. Et teste une technique originale, qui consiste à bâtir une petite butte de strates superposées, avec des branchages, ce qui facilite le renouvellement de la terre. Le poivron qui en bénéficie semble apprécier : il est alors déjà plus grand que son confrère cultivé de manière plus classique.

Une partie de la récolte d'août : navets, radis et haricots.

Navets, radis et haricots récoltés en août

Tout le monde se relaie pendant l’été pour assurer l’arrosage des légumes − et notamment des radis, assoiffés notoires. La récolte sera à la hauteur des espérances : haricots verts, haricots beurre, navets, potimarrons et d’imposantes courgettes. « Les carottes commencent à sortir et les tomates mûrissent, précise Joy Leclerc, vice-présidente. On espère bientôt des nouvelles des choux, des topinambours et des betteraves. »

Des paniers bio pour les étudiants et les personnels

À lui seul, le potager ne pourrait fournir tout le monde. C’est pourquoi l’association a noué une collaboration avec l’AMAP des Jardins de Cocagne de la Haute Borne à Villeneuve d’Ascq (spécialisée dans les paniers de légumes frais et locaux) que les membres avait visité en avril . Potatoit se chargera en effet de rapatrier les paniers chaque semaine sur le site de Lille 3 à Villeneuve d’Ascq (Pont de bois). Les paniers seront disponibles tous les mardis (il faudra les réserver au plus tard le jeudi précédent). Le petit panier coûte 10 euros et le plus grand 18 euros, auquel il faut rajouter une cotisation annuelle de 8 euros. L’université a pu financer des tarifs très réduits pour un nombre limité d’étudiants et de personnels avec des difficultés financières. Les dix premiers étudiants adhérents auront également un tarif préférentiel. Alors n’hésitez pas à adhérer, les Jardins de Cocagne se font fort, pour l’instant, de répondre à toutes les demandes !
Première distribution : le mardi 22 septembre, salle B1-060. Des infos ici.

Une association qui peu à peu, a pris de la graine

Comment est née l’association ? L’idée germait depuis deux ans dans la tête de Florian, et c’est poussé par Tereza Klenorová, étudiante Erasmus qui a ouvert une première filiale potagère dans une université tchèque, ainsi que par le HubHouse que Potatoit a vu le jour. Depuis octobre dernier, l’association a constitué un bureau. Les membres sont originaires de la région lilloise comme de République Tchèque ou d’Équateur. Une ouverture internationale qui permet de se rendre compte des pratiques des différents pays. Car monter une association en France, c’est se lancer dans un parcours administratif semé de quelques embûches.

La remise à outils flambant neuve

La remise à outils flambant neuve

Heureusement des structures sont intervenues pour donner un petit coup de pouce à Potatoit. Il s’agit du bureau de la vie étudiante et du HubHouse grâce à ses ateliers « Même pas peur » et « Entreprendre », qui ont permis de développer le projet. Tout deux ont facilité notamment l’obtention de subventions (de l’observatoire des mutations de la jeunesse et de la citoyenneté de Villeneuve-d’Ascq (OMJC) et du fonds de solidarité et de développement des initiatives étudiantes, FSDIE, alimenté par les droits d’inscription des étudiants).

La réalisation de ce projet est également très formatrice : « C’est bien, cela nous fait bouger et découvrir le monde du travail » me confie Florian. Pas facile, notamment au début, de s’organiser. La création par l’université d’une unité d’enseignement « Engagement associatif » leur a facilité la tâche, leur permettant d’avoir un créneau pour le projet.

À l’écoute des innovations

Le jardin de l'association Poteau rose est situé à quelques mètres du grand parking de l'université

Le jardin de l’association Poteau rose est situé à quelques mètres du grand parking de l’université

Potatoit cherche à « s’ouvrir sur les autres, gagner en compétence et en savoir » et à promouvoir l’éco-citoyenneté. L’association est donc à l’écoute des innovations dans le développement de l’agriculture urbaine et cherche à tisser des liens avec d’autres structures voisines. Potatoit a rencontré en avril l’association du Poteau rose, basée à Villeneuve-d’Ascq, qui est à l’origine d’un « jardin potager et ornemental, naturel et écologique » pour établir des liens avec les quartiers environnants. Le Poteau rose fait partie d’un réseau d’une quarantaine de jardins communautaires dans le Nord-Pas-de-Calais (les Ajoncs). De même, les 7 et 8 février, nos pot’actifs se sont rendus à Nancy pour les Week-ends au campus, des journées de formations et d’échanges où ils ont pu rencontrer d’autres associations à l’origine de jardins potager dans les universités de Lyon ou Dijon.

Le but est désormais de pouvoir faire pousser, partager, contribuer et perpétuer ce jardin potager. Pour cela, il faut des bras : contactez-les !.
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Le site de Potatoit. Le site et la page Facebook sont mis à jour régulièrement. Retrouvez Potatoit au village des associations lors des Jivé, du 7 au 11 septembre 2015.

(NB : texte actualisé par N. Constans)

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