L’université vient de signer une convention avec la gendarmerie. Cette dernière va offrir des stages, faire découvrir ses métiers, mais aussi travailler avec des chercheurs en psychologie sur les méthodes d’audition des suspects, témoins et victimes.

Souvent, les erreurs judiciaires se produisent dès l’enquête, lors de l’audition des suspects, des témoins ou des victimes. « Or depuis une trentaine d’années des équipes de recherche, notamment anglo-saxonnes, ont mis au point de nouvelles techniques d’audition, explique Nathalie Lionet-Przygodzki, professeur en psychologie à l’Université de Lille Sciences humaines et sociales, Elles sont bien plus efficaces que les méthodes classiques. » Des tests scientifiques ont en effet montré qu’elles recueillent beaucoup plus d’informations exactes, et diminuent ainsi le risque d’erreurs judiciaires. Ces techniques d’audition prennent en compte les dernières avancées de la recherche sur la mémoire humaine. Il s’agit généralement d’ entretiens non directifs, structurés par des consignes bien précises (les entretiens cognitifs)

Mais force est de constater que les enquêteurs les utilisent encore assez peu. Soit parce qu’ils ont du mal à les utiliser, soit parce qu’ils n’en ont pas compris l’utilité. Lors d’un colloque en novembre 2014, les chercheurs de l’université ont présenté ces méthodes devant des enquêteurs de la gendarmerie. Très intéressés, ces derniers ont décidé de débuter une collaboration. « Nous allons leur transmettre ces connaissances et examiner avec eux leur faisabilité sur le terrain » explique Nathalie Lionet-Przygodzki. C’est le point de départ d’une convention que l’université vient de signer le 15 octobre avec la région de gendarmerie du Nord-Pas-de-Calais.

L’autre volet de cette convention concerne les étudiants. Comme des accords similaires avec d’autres corps de métiers (comme récemment pour ceux de l’artisanat), elle vise à faire connaître les métiers de la gendarmerie, par des réunions de présentations, des participations à des manifestations scientifiques, etc. Par exemple, la gendarmerie compte en son sein des psychologues cliniciens, qui effectuent un suivi des personnels, en particulier en cas d’événements susceptibles d’avoir des répercussions traumatiques. L’une d’elles a d’ores et déjà commencé à intervenir au sein du master Psychologie et Justice (de l’Université de Lille, Sciences humaines et sociales). La convention prévoit aussi la diffusion d’offres de stages de la part de la gendarmerie.

Les chercheuses impliquées dans le volet recherche de cette convention, Nathalie Lionet-Przygodzki et Maïté Brunel, sont membres du laboratoire PSITEC.