12336032_10205036492134851_540692665_nClaire Krust est étudiante à Lille3, en Master Ingénierie du document, édition, médiation multimédia (IDEMM). Et elle est aussi une jeune écrivaine qui vient de sortir son premier roman « Les Neiges de l’éternel ».
À la fois poétique, envoutant, cruel, ce roman met en scène dans un Japon médiéval fantasmé et froid cinq personnages, racontant chacun à leur manière la déchéance d’une famille noble. Y ressort le désespoir d’une jeune fille, la folie d’un fantôme centenaire, les rêves d’une jolie courtisane, l’intrépidité d’un garçon inconscient et le désir de liberté d’un guérisseur.

Les étudiants de Lille3 ont été invités à lui poser des questions sur son œuvre. Nous en avons sélectionné 6.

Question posée à plusieurs reprises :
Qu’est-ce qui vous a amenée vers l’histoire du Japon ?

Un château qui a inspiré celui du roman. Quel est-il ?

Le château Himeji…

J’ai grandi avec les films de Miyazaki (Princesse Mononoké en tête) puis avec les mangas, le cinéma et les séries asiatiques, notamment japonaises mais pas que. Il ressortait toujours de ces œuvres, qu’elles soient historiques ou non, une esthétique particulière pleine de poésie et de pureté qui me fascinait et me fascine toujours. Je voulais l’explorer davantage, la faire mienne… sans pour autant la laisser me brider, c’est pourquoi l’univers des Neiges de l’Éternel est très fortement inspiré du Japon féodal (architecture, vêtements, mode de vie) mais s’en éloigne aussi en partie sur le plan historique, politique ou encore géographique.

Dries (Erasmus) :
Pour créer l’univers du livre, vous êtes-vous aidée de cartes ou de système de signes imaginaires à la manière de Tolkien ?

J’ai tracé quelques cartes à main levée pour mieux visualiser la géographie de l’univers et m’assurer de ne pas commettre d’incohérences, mais rien de très élaboré. Les personnages évoluent plus ou moins autour des mêmes zones, je n’avais donc pas besoin de nommer des villes très éloignées ou même de tracer avec exactitude les contours du pays. Je n’ai pas non plus utilisé de système de signes.

Alban (L1 Espagnol) :
L’un des personnages se rapproche-t-il de votre personnalité? Si oui, est-ce pour exprimer quelque chose de personnel ?

Oui : Yuki. Elle a été le point de départ du roman il y a environ sept ou huit ans et est aussi le premier personnage que l’on voit apparaître. La première partie lui est d’ailleurs entièrement consacrée. C’est une jeune aristocrate qui, afin de sauver son grand frère malade, décide de partir seule en plein hiver afin de trouver un guérisseur pour de l’aider.

Je me rends compte aujourd’hui que Yuki est aussi naïve que je l’étais quand j’ai commencé à écrire ce livre… Le fait que son voyage soit une quête initiatique qui va lui permettre de se découvrir elle-même n’est pas non plus anodin, car j’étais moi aussi à un âge où l’on se cherche. Mais je ne voulais pas exprimer quelque chose de particulier, le but était plutôt que je puisse m’identifier à Yuki, comme si c’était moi qui vivais ses aventures.

Excepté elle, tous mes personnages, à des niveaux différents, possèdent une partie de ma personnalité, une partie de moi, même si ce n’est pas forcément flagrant. Je pense que même lorsque l’on cherche à créer un personnage radicalement différent de soi on finit toujours, sans s’en rendre compte, par lui donner une partie de son caractère.

Sophia (L2 Anglais) :
Quel effet vouliez-vous créer en racontant l’histoire selon 5 points de vue distincts?

N’importe quel livre, monde, univers, est constitué d’une multitude d’individus et donc de points de vue différents. Je me suis rendue compte assez vite que je ne voulais pas que Yuki reste la seule narratrice du roman car son regard serait forcément biaisé vis-à-vis des autres personnages. Je voulais que chacun possède sa propre histoire et sa propre identité, qu’ils soient totalement indépendants les uns des autres bien que leurs vies s’entrecroisent régulièrement. Le meilleur moyen d’y arriver était de séparer matériellement leurs histoires en cinq parties différentes, que l’on pourrait à tort considérer comme des nouvelles, réunies par plusieurs fils conducteurs. Cela m’a permis notamment de jongler avec la chronologie puisque l’on fait régulièrement des vas et viens entre passé et futur.

Camille (L1 Lettres Math) :
L’université vous a t-elle servie de tremplin à la publication de votre ouvrage? Si oui, dans quelles mesures? Et d’ailleurs comment réussit-on à concilier des études universitaires avec une jeune carrière d’écrivain?

Non, pas particulièrement. En revanche, faire mes études à l’université m’a surtout permis de garder un peu de temps à côté pour continuer à écrire, même si ce n’est pas toujours évident entre les examens, les stages etc.

Tout se complique effectivement lorsque la « carrière » d’écrivain commence puisqu’il faut se déplacer sur les salons ou dans diverses libraires pour des séances de dédicaces : Lyon, Toulouse et Chambéry par exemple. Ce sont des expériences incroyables mais chronophages. Le meilleur moyen de ne pas se laisser déborder reste la technique ancestrale (j’en conviens parfois difficile à appliquer) de s’y prendre à l’avance pour réaliser le travail universitaire…

Quentin (Cinéma) :
Que diriez-vous aux personnes qui n’ont pas lu votre roman pour leur donner envie de le faire?

Ça, c’est la question la plus difficile, celle qu’on n’a généralement pas envie de se voir poser quand on n’a pas vraiment l’âme commerciale… mais bon, essayons quand même.

Pour commencer, je dirais que ce roman s’adresse à tout le monde : adolescents, adultes, mordus de littérature générale ou de fantasy, qu’ils soient des fans inconditionnels de l’univers japonais ou qu’ils n’y connaissent rien. L’histoire est contemplative, poétique, mélancolique voire parfois cruelle et sort des sentiers battus de la fantasy (à savoir, un héros élu partant en quête pour tuer un méchant vilain.) On va suivre ainsi, durant cinq parties différentes, cinq personnages à différents moments cruciaux de leur vie et dont les chemins ne cessent de s’entrecroiser. Toujours présent, l’hiver devient presque un personnage à part entière et baigne le roman dans une atmosphère à la fois glaciale et pleine de douceur…

Jeu-Concours : 5 exemplaires dédicacés du roman à gagner

A l’occasion de la sortie du premier roman de Claire Krust et des #20000fans de la page Facebook de Lille3 , 5 exemplaires dédicacés sont à gagner :
Pour cela, il vous suffit de :

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    « Quel est le nom du château qui a inspiré celui du roman » ?
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Un tirage au sort parmi les bonnes réponses sera fait le lundi 29 février et désignera les 5 heureux gagnants.
Des goodies Lille3 seront offerts aux 10 premières bonnes réponses
Un t-shirt Université de Lille sera également offert au 30 premières bonnes réponses.

Les Neiges de l’éternel | Editions actusf. 344p
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