Deux jeunes diplômés de l’université qui ont appris le néerlandais témoignent de leur parcours professionnel.

Clément Poudonson, chargé de clientèle dans l’entreprise Ynvolve BV

Licence Langues étrangères appliquées (LEA) anglais-néerlandais (2011), master Affaires et relations internationales (2013)

« Au départ, j’ai fait mon stage aux Pays-Bas dans le commerce, au sein d’une entreprise principalement tournée vers la France et la Belgique francophone. Je n’étais franchement pas très bon en néerlandais, et je le suis toujours ! Mais cette ligne dans mon CV a aidé à faire passer ma candidature. Puis en M2, j’ai fait un stage dans l’entreprise où je suis aujourd’hui. Là aussi, le néerlandais a facilité mon embauche, je pense. »

« Bien que je sois aux Pays-Bas, je parle anglais 80 % du temps dans mon entreprise. Je discute un petit peu en néerlandais, mais finalement aussi beaucoup en français, car il y a une forte proportion de francophones. »

« En tout cas, il y a énormément de travail pour des gens qui maîtrisent bien les trois langues (français, anglais et néerlandais). Il faut y aller, il n’y a aucune raison d’être timide. Les grandes écoles ont l’avantage sur nous de disposer d’un petit peu plus de réseau, mais c’est tout. »

« À part ça, du boulot, il y en a plein ! Je dirais même que le créneau français comme langue maternelle et néerlandais bien maîtrisé comme langue secondaire, est porteur. D’abord parce qu’honnêtement, les Wallons que je ne connais ne sont pas très bons en néerlandais… Mais surtout parce que pour beaucoup d’entreprises étrangères, le Bénélux et la France, c’est la même zone économique. Donc la configuration où la langue de l’entreprise est l’anglais, et où il faut pouvoir parler aux clients en français et en néerlandais est fréquente. C’est un créneau bien plus important que le suédois, par exemple. Et que les langues latines : quand j’étais étudiant en LEA, il y avait une large majorité de mes camarades qui choisissait la filière anglais/espagnol. Ils se retrouvaient à postuler dans des secteurs qui n’avaient pas vraiment le vent en poupe. Franchement, on sous-estime le pouvoir du néerlandais. Je trouve que le nord de la France aurait intérêt à beaucoup plus miser sur cette langue. Dans mon domaine en tout cas, la vente et le marketing, il y a vraiment vraiment de la demande. »

« La vie d’expatrié ? Je travaille à Nijmegen, qui est un peu dans les Pays-Bas profonds, à l’est du pays. Bon, disons-le, ce n’est une zone particulièrement prisée par les expats. Mais dans la Randstad (zone où se trouvent Amsterdam, Utrecht, Rotterdam et La Haye) ou en Flandres (Anvers, etc.), il y a des villes sympas et dynamiques, avec beaucoup d’opportunités professionnelles. Et le niveau de salaire aux Pays-Bas est bien plus élevé qu’en France. En plus, ce sont des pays qui ont l’habitude de travailler avec les étrangers, à tous les niveaux (administration, assurance, etc.) Ma banque, par exemple, est entièrement en anglais. »

Émilie Lenfant, assistante commerciale export

Licence Langues étrangères appliquées (LEA) (2011) puis master Affaires et négociation internationale (2014) (tous deux section anglais/néerlandais)

En licence comme en master, Émilie Lenfant a choisi la section anglais-néerlandais. Une spécialisation qui va l’aider lorsqu’elle décrochera son stage de M1. Elle l’effectue en effet à Bruxelles dans une chambre de commerce internationale, le CCI France Belgique. Ces structures ne sont pas les établissements publics que l’on connaît en France, mais des entreprises privées qui fournissent des prestations (études de marché, prospections commerciales, etc.) à des sociétés françaises désireuses de se développer en Belgique. Puis, en stage de M2, elle travaille pour une société de transport international, sur la logistique. Mais à la fin de son stage, le CCI France Belgique la recontacte. Ils ont prévu de recruter un volontariat international en entreprise (VIE), système qui a pris la suite des anciens coopérants. Et ils ont pensé à elle. « C’est un système que je recommande chaudement aux jeunes diplômés, explique-t-elle. Il offre une expérience internationale d’au moins un an, rémunérée et sans payer d’impôts sur le revenu. »

Le poste sera aussi beaucoup plus riche. Elle guide les entreprises dans leur développement en Belgique, mais s’occupe aussi du club affaires qui organise des événements prestigieux pour ses centaines de sociétés membres, et du Business center qui loue des bureaux aux entreprises. Et surtout elle aborde, à travers les clients de la chambre de commerce, un grand nombre de secteurs économiques : chimie, ferroviaire, alimentaire, etc. À l’issue de la première année, le CCI France Belgique souhaite qu’elle prolonge jusqu’à la durée maximum (2 ans). Mais des raisons personnelles la contraignent à rentrer en France.

Le retour se révèle un peu difficile. « À Bruxelles, j’avais l’impression que toutes les portes m’étaient ouvertes, que la plupart des gens autour de moi trouvaient facilement du travail ». Revenue en France, elle déchante, retrouvant des offres d’emploi où postulent des centaines de candidats, et des entreprises qui ont tendance à ne jurer que par les grandes écoles, une dichotomie avec l’université inconnue en Belgique. En outre, le type d’entreprise d’où elle vient, les chambres de commerce internationales, sont mal connues des société hexagonales. Son profil semble un peu atypique.

Mais elle s’accroche et finit par être embauchée dans l’entreprise où elle est aujourd’hui, une société lilloise d’import/export. « Ils cherchaient quelqu’un qui parlait espagnol…ce qui n’est pas mon cas ! raconte Émile Lenfant. Mais je me doutais qu’ils devaient travailler avec le Bénélux. » C’est effectivement un marché important pour eux. Or aucun des salariés de la société ne parle néerlandais. Les dirigeants ne laissent pas passer ce profil rare et la recrutent. « Je m’y plais ! C’est une petite société ce qui permet d’aborder des dimensions variées, et de travailler par exemple sur les stratégies à l’export.

La Quinzaine néerlandophone

Du 18 au 29 avril, l’université organise une la Quinzaine néerlandophone, avec des concerts, une séance d’improvisation, du billard hollandais et notamment :

  • Un forum des études aux Pays-Bas − Quelle université néerlandaise choisir, avec quel financement ? Mercredi 27 avril 2016, 11h-14h, hall du bâtiment A
  • Voir le programme ici, qui donne également les différentes manières d’apprendre le néerlandais dans notre université (LLCE, LEA, formation continue, LANSAD, DUFL)
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