Partir à l’université de Westminster à Londres, ce sera bientôt possible, grâce à un accord Erasmus signé récemment. L’occasion d’évoquer sa riche vie étudiante avec l’un des professeurs qui en est chargé, Laurence Randall.

Laurence Randall

Laurence Randall est professeur et responsable de la vie étudiante à la faculté de sciences humaines et sociales de l’université de Westminster à Londres.

Quel est votre rôle ?

Je m’occupe de la vie étudiante, mais je ne suis pas élue, je ne mène pas une politique. Mon poste correspond plutôt à celui d’une chargée de mission. Je suis un trait d’union entre les étudiants et la faculté. J’ai également un rôle de médiation entre les élèves et les professeurs.

Comment se présente votre campus ?

Notre campus est situé dans un quartier très dense de Londres (West End.) C’est une université urbaine, à la manière de certains établissements parisiens. Il n’y a pas cette impression d’espace comme à Lille. La place est comptée, et oblige à une gymnastique quotidienne pour trouver des salles libres.

Ce qui me frappe sur votre campus est le calme. À Westminster, il y a de la vie, et aussi beaucoup de bruit, un peu à l’image de cette capitale trépidante qu’est Londres. Je crois savoir qu’ici, les étudiants voudraient disposer de lieux où ils pourraient parler en travaillant. À Westminster, c’est le contraire ! On essaie de mettre en place dans les bibliothèques un espace qui soit vraiment silencieux.

Quels événements rythment la vie des étudiant-e-s ?

Il y a toutes sortes d’événements, organisés par les associations ou par les différents départements, pour l’insertion professionnelle de leurs étudiants par exemple. À la rentrée se déroule le Freshers fair qui serait un peu l’équivalent de vos Jivé et du printemps des associations en même temps. Mais à l’inverse de chez vous, cela se déroule dans un espace clos. Le bruit, comme vous pouvez l’imaginer, est assourdissant…

Comme ici, Westminster dispose d’une des rares salles de cinéma implantée dans une université. C’est même le plus ancien cinéma du pays [c’est ici qu’en février 1896, les frères Lumière ont fait leur première projection, deux mois après la toute première faite à Paris.] Comme dans votre université, on l’utilise pour des projections publiques, dans un cadre plus pédagogique, ou pour d’autres types d’événements que du cinéma.

Il y a également le Bal des associations (Ball of Societies), en smoking et robes longues, avec la remise de divers prix.

Concrètement, comment se déroule votre travail ?

J’ai une réunion tous les mois avec le registrar, sorte de chef de cabinet de la faculté, et un représentant du syndicat des étudiants pour notre campus. Ce dernier nous fait un rapport sur ses activités. Les problèmes sont souvent très concrets : dernièrement, il s’agissait simplement d’obtenir une machine à carte pour payer son repas à la cafétéria. Ou de modifier les horaires d’ouverture de celle-ci, ou encore d’obtenir plus de variété dans les menus. Mon travail est de faire remonter les difficultés des étudiants, et de suivre le dossier jusqu’à ce qu’il aboutisse.

Nous ne discutons pas qu’en comité restreint, mais aussi lors de « forum », trois fois par an, où viennent des représentants étudiants de chaque département de la faculté. En fonction des sujets abordés, nous y invitons des représentants des différents services (bibliothèque, insertion professionnelle, responsables des bâtiments, etc.) Les étudiants posent des questions et font des suggestions, auxquelles nous nous engageons à répondre la fois prochaine. Parfois, nous leur disons quand leurs demandes sont impossibles à satisfaire. Par exemple, nos législations et règlements nous empêchent d’installer des micro-ondes (que vous allez sans doute pouvoir installer chez vous, je crois…)

De quelle manière l’université informe-t-elle les étudiant-e-s ?

Comme ici, je crois, il est difficile de toucher les étudiants. Ils n’ouvrent par leurs emails. En revanche, nous avons un espace numérique numérique appelé « Blackboard » où les étudiants accèdent aux ressources pédagogiques, un peu à la manière de votre Moodle. Là, ils le consultent beaucoup. Par ailleurs, chaque département a une page Facebook, avec un collègue qui en est responsable et poste différentes nouvelles. Cela dit, Facebook pose certains problèmes légaux, à cause des restrictions d’usage qui existent dans certains pays d’où viennent nos étudiants étrangers. Instagram se développe beaucoup.

Est-ce que vous voyez des différences entre les étudiant-e-s français-e-s et anglais-e-s ?

Les étudiants anglais sont très autonomes. Ils ne sont pas élevés de la même façon qu’en France, je trouve. Pour me trouver à la frontière entre les deux cultures [ses recherches portent sur la langue et les cultures françaises et francophones], j’ai le sentiment qu’il y a souvent une réticence à passer un an loin de chez soi pour un grand nombre d’étudiants français. Alors qu’en Angleterre, ils n’ont qu’une hâte : partir le plus loin possible de leurs parents !