Chantal Legrand est chargée de la coordination de la paie

Elle voulait être informaticienne. Mais, soutien de famille très jeune, elle a dû trouver plus tôt que prévu du travail. Recrutée à Lille 3 en 1972, dans l’ancêtre de l’agence comptable, elle commence par faire un peu de tout (paie, prestations familiales, frais de déplacement, etc.) Puis assez vite, elle se tourne vers ce qui va être le fil rouge de sa carrière, la paie. D’abord avec le traitement des élèves-professeurs et élèves-conseillers, − des étudiants qui s’engageaient à travailler dix ans dans la fonction publique contre rémunération −, puis de personnels payés à partir des ressources propres de l’université (droits d’inscription, revenus de la formation continue, etc.). Elle sera amenée à effectuer la paie de A à Z, supervisant et formant ses collègues.

Entre-temps, elle aura quitté les locaux de la rue Angellier à Lille pour ceux de Villeneuve d’Ascq, prenant enceinte un vieux train aux banquettes de bois, les chaussures « un tantinet crottées » par un chantier qui n’en finissait pas. Elle aura aussi suivi la paie qui intègre en 2002 la DRH où elle est aujourd’hui. Elle y traque les anomalies dans les 2000 fiches de paie mensuelles, et les documents qui les justifient, à travers les allers-retours que ceux-ci font entre DRH, agence comptable et trésorerie générale. Elle a choisi de ne prendre sa retraite qu’en 2018. Mais passé ce délai, la « mémoire vivante » − dixit ses collègues − compte bien passer la main. Elle devrait alors continuer un peu de s’occuper de la comptabilité et du secrétariat d’une revue littéraire, la Revue des Sciences humaines. Nul doute qu’elle saura trouver d’autres occupations. Elle qui n’hésitait pas à venir travailler le pied cassé a la passion de rendre service, aux voisins, amis ou collègues, et se verrait bien en écrivain public.